Photo : Ion Chiosea / 123RF

Les recherches sur Internet liées à la COVID-19 ont eu des répercussions sur les cours boursiers, selon un nouveau document de recherche de la Banque des règlements internationaux (BRI).

Les chercheurs de la BRI ont construit un indice évaluant l’attitude face au risque COVID-19 (CRA) pour 61 marchés. Il est basé sur les recherches de termes tels que « COVID-19 » ou « coronavirus » faites avec Google et Baidu.

L’étude révèle que l’indice « fait un bon travail pour capter les attitudes des investisseurs à l’égard des risques liés à la pandémie. »

Au niveau mondial, les recherches sur le web ont débuté à la mi-décembre et ont commencé à augmenter à la mi-janvier, même si le nombre de cas était faible dans la plupart des pays à ce moment-là.

Après que l’Organisation mondiale de la santé eut officiellement nommé le virus « COVID-19 » le 11 février, « les recherches ont fortement augmenté jusqu’à ce que les deux termes aient atteint à peu près la même importance à partir de la mi-mars ».

LES FACTEURS TRADITIONNELS MOINS INFLUENTS

« Au cours des premiers mois de la pandémie, l’indice a répliqué le nombre réel d’infections enregistrées dans le monde. Cela indique que pour les investisseurs, les effets économiques de la pandémie sont liés à l’échelle mondiale et ne se limitent pas aux zones directement touchées par le virus », indique le rapport de la BRI.

Il note également que les moteurs traditionnels des marchés boursiers, tels que les prix du pétrole, la valeur du dollar américain et les mesures d’aversion au risque, n’expliquaient pas complètement l’activité du cours des actions lors de l’effondrement du marché au début de 2020.

D’autres facteurs, tels que les préoccupations saisies par l’indice CRA, ont également stimulé l’activité du marché.

« Les résultats indiquent que l’attitude des investisseurs vis-à-vis du risque, telle qu’elle ressort des recherches sur Internet, a joué un rôle important sur la plupart des marchés boursiers, au-delà de ce qui est expliqué par d’autres facteurs plus traditionnels », indique le rapport.

L’INDICE, LE VIRUS ET LES MARCHÉS

Le document relève que les recherches sur Internet à propos du coronavirus et de la COVID-19 « sont en corrélation significative avec les cours des actions » dans plus de 60 % des marchés boursiers étudiés. Les répercussions ont été plus prononcées en Amérique et en Europe que dans d’autres marchés.

La Bourse est plus sensible aux changements de son indice de risque de pandémie dans les économies plus développées, « dont les marchés sont plus intégrés et efficaces et ont une base d’investisseurs plus large », constate le rapport.

Les marchés en sont moins affectés dans les juridictions qui ont imposé des restrictions moins sévères à l’activité économique et adopté d’autres types de mesures de confinement contre la pandémie.

Le prix des actions était également moins réactif à l’indice CRA dans les économies où le nombre de lits d’hôpitaux par habitant était plus élevé et les dépenses publiques en services de santé plus grandes en pourcentage du PIB, note l’étude.

En moyenne, l’indice CRA explique une variation supplémentaire du prix des actions de 6 %, constate la BRI.

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