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La richesse est la principale raison pour laquelle les parents plus fortunés sont plus susceptibles d’ouvrir un régime enregistré d’épargne-études (REEE) pour leurs enfants, mais la littératie financière joue également un rôle important, selon une étude de Statistique Canada.

Dans un nouveau rapport, Statistique Canada a déclaré que même si le nombre de parents ouvrant des REEE a augmenté, l’écart d’adoption entre les ménages à revenu élevé et les ménages à faible revenu persiste. Les parents du quartile de revenu supérieur ont environ deux fois plus de chances d’ouvrir un REEE que les parents du quartile inférieur.

L’étude de Statistique Canada visait à expliquer les raisons de cette disparité persistante.

Les différences de richesse sont de loin le facteur le plus important, note l’étude, concluant que l’inégalité de richesse représente entre 50 % et 79 % de l’écart de participation aux REEE entre les familles riches et pauvres. L’importance des différences de richesse varie selon la méthode et les données utilisées dans l’analyse, a noté l’organisme national.

L’étude visait également à découvrir les autres facteurs qui expliquent l’écart entre les REEE, comme les différences de niveau de scolarité des parents. Il a révélé que la littératie financière est le deuxième facteur le plus important.

L’étude révèle que la littératie financière plus élevée chez les parents du quartile supérieur par rapport à ceux du quartile inférieur explique de 13 % à 19 % de l’écart de participation au REEE.

Les différences dans la littératie et la numératie en général, et les différences dans l’éducation des parents sont des facteurs « statistiquement non significatifs », selon le document.

« Les résultats ne fournissent donc aucune preuve convaincante que l’augmentation des taux d’alphabétisation chez les parents à faible revenu augmenterait leur taux de participation à un REEE. Cependant, la littératie financière peut jouer un certain rôle », a conclu l’étude.

De manière plus importante, Statistique Canada a noté que des recherches antérieures avaient montré que le fait d’avoir un REEE est un facteur important pour déterminer si les enfants poursuivent une forme quelconque d’études postsecondaires.

« Les jeunes qui avaient accès à un compte étaient plus susceptibles de s’inscrire par la suite à l’université ou au collège que ceux qui n’avaient pas de REEE, a déclaré Statistique Canada. Ce fut le cas même après avoir pris en compte les différences de revenu familial, d’éducation parentale et de réussite scolaire des enfants. »

L’étude a également suggéré que la pandémie de la COVID-19 pourrait affecter les taux de participation aux REEE et les niveaux de cotisation dans les années à venir.

Alors que la volatilité des marchés boursiers a pu nuire à la valeur des REEE à court terme, la perturbation économique causée par la pandémie pourrait nuire à la capacité d’épargne des étudiants et à leur capacité de demander de l’aide à leur famille.

« Les étudiants postsecondaires actuels et potentiels issus de familles à faible revenu peuvent être confrontés à une situation financière particulièrement difficile, indique le rapport. La plupart n’ont pas accès à un REEE et beaucoup auront probablement moins de perspectives d’emploi pour financer leurs études dans les prochains mois. Cela peut conduire certains jeunes à reporter ou à renoncer à poursuivre ou à terminer leurs études postsecondaires. »