Deux pièces d'un jeu d'échec : le roi blanc renversé, le roi noir, debout.
Photo : christianchan / 123RF

Dans un contexte de ralentissement économique mondial, les investisseurs auraient tout intérêt à délaisser les actions et à renouer avec le marché obligataire au cours de la prochaine année, recommande la firme de recherche britannique Capital Economics.

Alors que les marchés boursiers risquent de perdre du terrain dans les prochains mois, les obligations pourraient bénéficier d’une éventuelle baisse des taux directeurs des banques centrales. Le cours des obligations évolue en direction opposée des taux d’intérêt, a rappelé l’économiste en chef de Capital Economics, Neil Shearing, lors d’une conférence à Toronto à laquelle The Globe and Mail a assisté.

« La croissance va demeurer lente presque partout au cours des 12 à 18 prochains mois », a-t-il ajouté.

Résultat, les bénéfices des sociétés vont être mis à mal, ce qui exercera une forte pression sur le cours des actions. Les analystes de la firme londonienne estiment que le S&P 500 pourrait reculer de près de 20 % d’ici la fin de l’année. En fait, l’ensemble des grands marchés boursiers risquent d’essuyer des pertes dans les deux chiffres, croient-ils.

BONNES NOUVELLES POUR LES OBLIGATIONS

Les obligations, en revanche, devraient offrir une performance intéressante à mesure que les taux d’intérêt baisseront. Le coupon des bons du Trésor américain d’une durée de 10 ans se situe à environ 2,45 % actuellement, mais pourrait finir l’année à 2,25 %.

Cette tendance à la baisse s’observera aussi au Canada, portée par un refroidissement du marché immobilier. Pour atténuer ce ralentissement, Capital Economics juge que la Banque du Canada devra abaisser son taux directeur, actuellement à 1,75 %, en-deçà des attentes des marchés. Il pourrait ainsi descendre à 1,25 % d’ici la fin de 2019, et à 1 % d’ici la fin de 2020.

Sur une note plus optimiste, Capital Economics prévoit que la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis aura des effets moins importants que ne le craignent bon nombre d’investisseurs. La firme rappelle que les exportations vers la Chine représentent moins de 1 % du PIB américain.