Homme d'affaires se tenant debout devant un mur de points d'interrogation.
Photo : Daniil Peshkov / 123RF

Beaucoup d’investisseurs ignorent aujourd’hui la façon dont ils peuvent tirer profit des placements basés sur l’investissement factoriel, constate Ahmed Farooq.

Dans un texte récemment publié sur le site de la firme Franklin Templeton Canada, le vice-président de sa branche FNB – Développement des affaires estime cette situation « compréhensible », compte tenu de « la multitude de stratégies parmi lesquelles il faut choisir ».

Il tente ensuite de répondre aux trois questions qui lui sont le plus souvent posées par des investisseurs ou par ses clients :

  1. Quel(s) sont le(s) facteur(s) à privilégier?
  2. Les approches basées sur l’investissement factoriel génèrent-elles de meilleurs résultats à long terme?
  3. Peuvent-elles être intégrées facilement dans un portefeuille déjà existant?

COMPARABLE À UN MARQUEUR ADN

Rappelant que l’investissement factoriel n’a rien de nouveau, Ahmed Farooq souligne néanmoins que l’avènement des fonds négociés en Bourse à bêta intelligent a abouti à la création « de réelles stratégies basées sur des règles, qui mettent l’accent sur un facteur individuel ou un regroupement de plusieurs facteurs individuels ». Les gestionnaires d’actif n’ayant plus à prendre de décisions au quotidien, les coûts ont beaucoup diminué, tandis que la croissance de l’actif sous gestion des stratégies factorielles liées à un indice a été « assez impressionnante ».

Afin d’expliquer en quoi consiste l’investissement factoriel, le haut dirigeant de Franklin Templeton affirme que celui-ci peut être comparé à un marqueur d’ADN qui expliquerait les caractéristiques principales du comportement d’un titre au fil du temps. Il en profite pour passer en revue les six facteurs les plus souvent cités par les chercheurs, puisque, historiquement, ce sont ceux qui ont offert les meilleurs résultats aux investisseurs à long terme.

Ces six facteurs sont :

  1. la qualité (à propos de sociétés présentant une bonne rentabilité, une bonne croissance des bénéfices et un faible ratio d’endettement);
  2. la valeur (sociétés sous-évaluées, avec une faible valorisation);
  3. le « momentum » (sociétés dont le cours de l’action s’est fortement apprécié depuis peu);
  4. la faible volatilité (sociétés présentant une volatilité ou un risque plus faible que celui du marché);
  5. les dividendes (sociétés qui versent des dividendes par action plus élevés que la moyenne);
  6. et la taille (sociétés présentant une faible capitalisation boursière par rapport au marché en général).

AUGMENTATION DU RISQUE RELATIF

Ahmed Farooq décrit ensuite la manière dont ces différents facteurs fonctionnent ensemble dans les portefeuilles des clients.

« La stratégie la plus élémentaire est une stratégie de rotation des investissements factoriels, qui mettent l’accent sur un investissement individuel. Dans le cadre de cette approche, vous surpondérez ou sous-pondérez l’investissement factoriel en fonction du cycle économique actuel. Toutefois, il faut souligner que cela peut nécessiter beaucoup de travail et engendrer des frais de négociation plus élevés et, potentiellement, une plus grande marge d’erreur. Plus important encore : lorsque vous tentez de sélectionner les bons facteurs au bon moment, vous augmentez votre risque relatif à l’anticipation du mouvement des marchés. »

Son conseil? « Une stratégie multifactorielle donne aux investisseurs un accès aux instruments de placement qui peuvent rendre la performance plus régulière tout en générant le rendement souhaité par rapport à une stratégie de rotation d’investissements factoriels individuels. Bien entendu, le choix de la bonne stratégie multifactorielle est également un facteur important à considérer. »

Enfin, le vice-président de la branche FNB – Développement des affaires de Franklin Templeton Canada aborde la question des avantages d’opter pour une approche multifactorielle et de savoir comment celle-ci peut être intégrée à un portefeuille existant. Pour cela, il cite le cas d’une de ses clientes « qui pensait ajouter une faible exposition aux marchés émergents à son portefeuille ». Sa conclusion : « Même par rapport au portefeuille original, l’exposition à bêta intelligent aux marchés émergents offrait un rendement plus stable. »