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Ce type de placement est devenu célèbre grâce à Warren Buffett. Les investisseurs axés sur la valeur recherchent des actions qui se négocient à de faibles cours par rapport aux flux de trésorerie, aux bénéfices ou à d’autres mesures de la valeur de l’entreprise. Si cette recette a été fructueuse pour l’oracle d’Omaha, cette formule magique ne rapporte pas la manne promise par les jours qui courent.

Effectivement, en date du 28 juin 2019, les FNB de valeur négociés au Canada avaient tous une évaluation inférieure à celle du S&P/TSX 60, rapporte un récent article d’Advisor’s Edge. La valeur a été sous-performante pendant dix ans aux États-Unis et pendant les cinq dernières années au Canada, de plus d’un point de pourcentage.

Ainsi, aux États-Unis le S&P 500 Value Index a eu un rendement de 13,10 % en dix ans, contre 14,70 % pour son indice de référence, le S&P 500. Au Canada, le Dow Jones Canada Select Value Index a eu un rendement de 4,02 % sur cinq ans contre un rendement de 5,67 % pour le S&P/TSX 60.

UNE EXPLICATION À CETTE SOUS-PERFORMANCE

La répartition de la technologie pourrait expliquer en partie cette sous-performance. Généralement, les produits misant sur la valeur ont une répartition technologique moindre que leur indice de référence et le secteur technologique a bien performé ces dernières années. Au contraire, les secteurs de la finance et de l’énergie, surpondérés dans les portefeuilles de valeur, ont sous-performé. Le secteur financier (Indice plafonné de la finance S&P/TSX) a, certes, affiché un rendement cumulatif supérieur à celui de l’Indice S&P/TSX sur cinq ans (42 % contre 29 %), mais le secteur de l’énergie (Indice plafonné de l’énergie S&P/TSX) a tout simplement affiché un mauvais rendement, à -51,4 %.

Les services financiers et l’énergie représentent plus de la moitié (55 %) de l’indice S&P/TSX 60 alors qu’ils ne représentent que 18,1 % du s&P 500, ce qui explique en partie pourquoi le rendement de l’indice canadien est plus bas que celui des États-Unis.

Cette sous-pondération de la technologie pénalise particulièrement les portefeuilles de valeur canadiens. L’indice S&P/TSX 60 ne compte que 6,4 % de technologie contre 21,8 % pour le S&P 500.

Une autre raison de cette sous-performance de la valeur est que l’évaluation des actifs incorporels (comme les comptes débiteurs, les dépenses prépayées, et les brevets et les fonds commerciaux) est de plus en plus importante, mais insaisissable. L’écart d’acquisition et les actifs incorporels au bilan d’Alphabet représentent 10,3 % des capitaux propres, pour Apple c’est zéro. Leurs « valeurs » sont sous-estimées. Kraft Heinz, au contraire, détient 166 % des capitaux propres à titre d’écart d’acquisition et d’actifs incorporels. L’entreprise est donc surévaluée.

Les investisseurs de style valeur auraient donc peut-être intérêt à ajouter davantage de technologie à leur portefeuille.