Tirelire rose en forme de cochon renversée sur le côté.
Photo : Kaspars Grinvalds / 123RF

Si le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) a été conçu pour aider les Canadiens à faible revenu à épargner en vue de leur retraite, force est de constater que sa mission a échoué. Beaucoup de Canadiens ne reçoivent pas les conseils nécessaires et préfèrent encore le REER au CELI, même s’il ne s’agit pas forcément de la meilleure stratégie d’épargne pour eux.

Créé il y a maintenant dix ans, le CELI était un outil pensé pour aider les citoyens à faible revenu à mettre plus d’argent de côté pour leur retraite. Pourtant, encore aujourd’hui, peu de ces petits épargnants l’utilisent et profitent pleinement des programmes de transferts gouvernementaux conçus pour leur retraite, comme le Supplément de revenu garanti, révèle un document récent de l’Institut de recherche sur les politiques publiques (IRPP).

Pourtant, dans le discours du budget 2008, la valeur du CELI pour ce type d’épargnant avait été mise en avant : « Les CELI fourniront de plus grandes incitations à l’épargne pour les personnes à revenu faible et modeste, car ni le revenu gagné dans un CELI ni les retraits de celui-ci n’affecteront l’admissibilité du supplément de revenu garanti et des crédits d’impôt fédéraux. »

Mais le fait est que celui-ci est encore davantage utilisé par les épargnants à revenu élevé, les autres lui préférant le régime enregistré d’épargne-retraite (REER), alors que les retraits de REER sont imposables et réduisent les prestations gouvernementales auxquelles leurs titulaires auraient peut-être eu droit s’ils avaient épargné dans un CELI. Ainsi, environ 36 % d’épargnants à faible revenu ont ouvert un CELI et environ 90 % placent leurs économies dans des REER.

DES CONSEILS INAPPROPRIÉS

Selon un article du Financial Post, la principale raison pour laquelle ces outils sont boudés par les Canadiens serait les conseils financiers offerts par les institutions financières. Richard Shillington, l’auteur de l’article, avance qu’il est possible que les conseils offerts aux petits épargnants soient incorrects.

Pour inverser la tendance, l’auteur estime que le gouvernement fédéral devrait intervenir et faire en sorte d’accroître les avantages pour les Canadiens à faible revenu en leur proposant, par exemple, des options pour encourager des décisions d’épargne plus efficaces.

Il propose d’inclure un « crédit d’épargne » qui, comme les régimes enregistrés d’épargne-études (REEE), fournirait des subventions correspondant à un certain montant de cotisations au CELI pour les épargnants à faible revenu. Le gouvernement pourrait aussi s’assurer que les conseillers donnent de meilleurs conseils financiers à leurs clients.