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Photo : trendobjects / 123RF

Les détenteurs d’un portefeuille traditionnel d’actions et d’obligations sont confrontés à un « énorme risque » de dispersion des rendements de leurs placements, estime le Financial Post.

La plupart des particuliers se montrent incapables d’évaluer correctement le niveau de risque et de performance d’un placement, et cela est bien compréhensible car la situation est parfois complexe, note le quotidien économique torontois.

Le Post attribue cette difficulté d’évaluation à « un manque de transparence », non seulement pour certaines catégories d’actif mais également en ce qui concerne les différents facteurs pouvant influer sur la performance finale d’un portefeuille.

Selon le journal, cette situation est particulièrement préoccupante dans le cas des retraités. En effet, comme ceux-ci tirent une part de leurs revenus de leurs placements, une mauvaise évaluation du risque « peut se révéler catastrophique pour la protection et la croissance d’un patrimoine durement acquis », en plus de remettre en cause leur niveau de vie.

SURVEILLER LA STRUCTURE DES RENDEMENTS

Un tel phénomène incitera par exemple un consommateur de produits financiers à croire que le capital-investissement et les investissements immobiliers directs sont moins risqués qu’un investissement effectué sur les marchés publics. Cela se produit assez souvent, tout simplement parce que ces types de placements ne sont pas évalués à la valeur du marché, de sorte que les fluctuations régulières de leur valeur sont le plus souvent cachées… jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Pour les personnes qui détiennent un portefeuille d’actions et d’obligations plus traditionnel, la dispersion des rendements représente un autre risque énorme, explique le Financial Post.

Concrètement, il est possible de détenir deux portefeuilles d’une valeur de deux millions de dollars, par exemple; tous deux auront le même taux de rendement annuel, mais avec une grande différence en matière de valeur terminale, simplement à cause du temps écoulé et de la structure des rendements annuels réalisés. Les deux portefeuilles peuvent en effet avoir la même valeur terminale théorique, du moins aussi longtemps qu’il n’y aura pas de retraits. Mais c’est un autre son de cloche lorsque l’investisseur essaie de vivre de l’argent que lui procurent ses placements.

Le Financial Post prend pour hypothèse que ces deux portefeuilles de deux millions conserveront le même rendement annuel composé de 6,8 %, mais qu’ils effectueront chacun une distribution annuelle à partir de la première année à 100 000 dollars (taux de dépense de 5 %), augmentant de 2,5 % par an (pour l’inflation) avec des distributions totales de 2 554 000 dollars par portefeuille. Dans le cas de figure retenu par le quotidien économique, la valeur finale du premier portefeuille sera de seulement 712 000 dollars à la fin de la 20e année, alors que celle du second atteindra 4,3 millions. « Par conséquent, relève-t-il, deux portefeuilles ayant le même rendement annuel composé obtiendront des résultats très différents selon la structure des rendements. »

CHOISIR DES FONDS D’INVESTISSEMENT IMMOBILIER

Le Post indique toutefois qu’un investisseur « peut faire certaines choses pour minimiser le risque de mauvaise surprise dans son portefeuille ». Premièrement, explique-t-il, les rendements doivent être lissés en réduisant la volatilité du portefeuille, ce qui peut être fait à la fois « par une diversification tenant compte du taux de dépense du portefeuille » et « en ajustant les pondérations des actions et des titres à revenu fixe en conséquence ».

Le journal conseille en outre de « prévoir un équilibre entre les valeurs de succession terminales ciblées et les besoins [de l’investisseur] en matière de niveau de vie et de dépenses à court terme ».

Malheureusement, ajoute le quotidien, dans un contexte de taux bas, certains investisseurs peuvent être tentés de masquer la réalité de leur situation et de prendre un risque excessif, notamment en achetant des investissements privés non liquides, qui promettent souvent des niveaux de revenu trop élevés pour être réalistes. Pour contourner cet écueil, le Post suggère d’investir plutôt dans des catégories d’actif à faible corrélation, comme les fonds d’investissement immobilier, qui « peuvent contribuer à réduire la volatilité globale du portefeuille, améliorer les niveaux de revenu de leur détenteur ainsi que les rendements, le tout en offrant la possibilité d’avoir des liquidités ».