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Inquiets par rapport à l’état de l’économie globale, les gestionnaires de fonds ont réduit leurs positions en actions. Les investisseurs se positionnent de façon à bénéficier à la fois de sécurité et de liquidité. Toutefois, agir à contre-courant pourrait s’avérer payant…

Il n’est pas évident d’aller à l’encontre de la foule surtout dans des périodes où la peur domine le paysage. Mais « ce n’est pas parce qu’une opinion est universellement partagée qu’elle est nécessairement correcte », rappelle Martin Pelletier, gestionnaire de portefeuille au sein de TriVest Wealth Counsel dans un article récent du Financial Post.

Le gestionnaire cite ainsi l’exemple des actions de cannabis, qui sont très populaires. Elles se négocient à des montants qu’il juge comme ridicules alors qu’elles n’ont que peu ou pas d’actifs sous-jacents ou de profits à proprement parler.

Il se souvient ainsi d’une société privée qui avait émis des actions d’une valeur de 400 millions de dollars avec un actif foncier sous-jacent d’une valeur probable s’élevant de 5 à 10 M$ qui, à peine six mois plus tôt, avait permis de réunir des capitaux pour une valeur de 20 millions de dollars pour les initiés. « Quand j’ai demandé comment ils allaient remplir ce trou d’air de 380 M$, on m’a répondu par les acquisitions », se souvient Martin Pelletier.

Cet exemple prouve qu’il n’est pas toujours bon de suivre l’avis général. Au contraire, cela peut s’avérer dangereux pour le portefeuille.

UN NOUVEAU MOUVEMENT DE MASSE

Aujourd’hui encore, nous assistons à un mouvement de masse. Le dernier sondage réalisé par Bank of America Merrill Lynch montre ainsi que les gestionnaires de fonds mondiaux surpondèrent massivement les secteurs défensifs et ceux qui bénéficient de la baisse des taux d’intérêt.

Par exemple, l’indice plafonné des biens de consommation de base, l’indice plafonné des FPI et l’indice plafonné des services publics ont augmenté respectivement de 24 %, 18 % et 17 % au cours des 12 derniers mois pour atteindre de nouveaux sommets historiques.

Parallèlement, les secteurs dépendants d’une économie mondiale forte, comme l’énergie et les marchés émergents, ont été fortement vendus par les gestionnaires de fonds. L’indice MSCI des marchés émergents n’a ainsi produit que le tiers du rendement de l’indice S&P 500 au cours de l’année écoulée et les actions du secteur de l’énergie connaissent un creux. L’indice S&P Oil & Gas Exploration & Production Select Industry a vendu 49 % au cours de la même période, relève Martin Pelletier.

DES OPPORTUNITÉS À SAISIR

Beaucoup se plaignent actuellement d’un manque d’opportunités, mais selon le gestionnaire de portefeuille, celles-ci se trouveraient dans les positions contraires à celles de la masse. « Le rééquilibrage par la réduction des zones qui établissent de nouveaux sommets dans les zones fortement survendues n’est généralement pas suffisant pour qualifier un rééquilibrage de contraire, mais sur ces marchés, il peut s’avérer une mesure efficace », écrit-il.

Et si les gestionnaires qui décident d’agir à contre-courant ne sont pas récompensés, Martin Pelletier souligne qu’au moins ils agiront comme un gestionnaire de portefeuille à l’ancienne en évitant la pensée de groupe et en adoptant une approche équilibrée en matière de placement.