La sensibilisation accrue du public aux problèmes sociaux attribuable à la pandémie de COVID-19 et aux mouvements médiatisés comme Black Lives Matter et #MeToo a commencé à affecter la façon dont les jeunes investisseurs envisagent de dépenser leur argent, selon les experts.

Lorsqu’il s’agit de placements responsables, qui tiennent compte des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), les investisseurs commencent à se demander quelles sont les personnes derrière les entreprises dans lesquelles ils investissent et qu’est-ce qu’elles font pour aider les autres, observe Joss Biggins, conseiller en placement chez EthicInvest, qui exerce ses activités sous l’égide de Leede Jones Gable, à Vancouver.

Alors que de nombreux clients de Joss Biggins de toutes les générations partagent des valeurs similaires en matière d’investissement responsable, ses plus jeunes clients semblent être à l’avant-garde et se demandent comment leurs investissements peuvent contribuer à changer le monde.

« (Les problèmes sociaux) imprègnent le récit culturel plus qu’ils ne l’ont probablement jamais fait dans le passé », estime David O’Leary, fondateur et consultant en investissement chez Kind Wealth, à Toronto.

Cependant, il note que les problèmes sociaux affectent plus souvent la façon dont les gens dépensent leur argent, par opposition à la façon dont ils investissent.

Cela peut être dû à un manque de connaissances sur leurs options d’investissement responsable, et au fait qu’il peut être difficile de trouver les bons professionnels de la finance pour les aider dans ce domaine, a expliqué David O’Leary.

Lorsqu’on recherche un professionnel de l’investissement pour obtenir de l’aide dans le but d’avoir un impact social, Joss Biggins recommande de visiter le site web de l’Association de l’investissement responsable (AIR) et de faire une recherche sur son répertoire de conseillers en investissement responsable.

Joss Biggins recommande également de demander à son conseiller s’il a une connaissance approfondie de ce que signifie le « S » dans ESG, ajoutant que la plupart ne le savent pas.

« Je recommanderais de demander des exemples précis d’initiatives sociales d’une entreprise », poursuit-il.

PRIVILÉGIER LES EFFORTS À LA PASSIVITÉ

« Lorsque nous examinons le degré de responsabilité sociale d’une entreprise, il est préférable de rechercher des entreprises qui fournissent activement des solutions. Nous pouvons recueillir des données sur les valeurs et les approches de l’entreprise en matière de résolution de problèmes si nous nous adaptons à leur langage et à la façon dont ils communiquent leurs objectifs », estime Joss Biggins.

Par exemple, mieux vaut rechercher des entreprises qui s’efforcent de répondre à des questions telles que « comment donnons-nous les moyens à nos employés de vivre une vie et une carrière meilleures et plus épanouies », fait valoir Joss Biggins. C’est mieux que l’approche passive ou évasive qui prévaut dans d’autres entreprises, qui se contentent de déclarations telles que « nous sommes conscients de certaines préoccupations sociales et faisons de notre mieux pour travailler avec notre syndicat pour les résoudre », estime-t-il.

Joss Biggins ajoute que les investisseurs devraient noter qu’il existe une différence entre les entreprises qui « ne causent pas de tort » et celles qui investissent constamment dans la croissance des personnes à l’intérieur et à l’extérieur de l’organisation. « Pour certains éléments des facteurs ESG, nous devons nous appuyer sur notre intuition, et cet élément est l’un d’entre eux », estime-t-il.

Pour les jeunes qui ne sont pas encore en mesure de travailler avec un conseiller en placement, mais qui ont un régime de retraite ou un régime enregistré d’épargne retraite (REER) collectif par l’intermédiaire de leur employeur, il est également possible de faire pression pour des investissements qui contribuent au bien-être social de cette façon, a indiqué David O’Leary.

Dans de nombreux cas, les régimes de retraite d’entreprise ou les REER collectifs n’incluent pas d’offres d’investissement responsable, a-t-il noté. Il recommande ainsi que les employés demandent à leur service des ressources humaines de modifier cela.

« Si 50 % des effectifs demandent tout d’un coup des offres d’investissement responsable pour leur retraite, on peut être sûr qu’ils vont commencer à répondre. Mais, s’il ne s’agit que d’une poignée de personnes, il est plus facile de l’ignorer », a-t-il ajouté.

Il existe également des ressources en ligne gratuites contenant des informations sur l’investissement social et durable dans les fonds communs de placement et les fonds négociés en Bourse. Par exemple, Morningstar fournit une note de durabilité aux fonds et montre également leur score en ce qui concerne les facteurs sociaux, ainsi que les facteurs environnementaux et de gouvernance, souligne David O’Leary.

Un autre exemple est le site américain As You Sow, poursuit-il, qui propose des outils en ligne qui peuvent aider les utilisateurs à comprendre si leurs investissements correspondent à leurs valeurs.