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Les grands investisseurs restent prudents et accordent peu de crédit à l’idée d’une reprise en V, montre un sondage de Bank of America.

L’étude a été effectuée entre le 7 et le 14 mai auprès de 194 gestionnaires de fonds responsables de plus de 650 G$ US (914 G$ CA). Elle révèle qu’ils dirigent les flux de capitaux d’abord et avant tout vers les obligations et le marché monétaire. Les gestionnaires conservent aussi la plus haute proportion de liquidités en portefeuille depuis dix ans (5,7 %, contre une moyenne de 4,7 %). La remontée des marchés boursiers mondiaux, qui ont repris 30 % depuis leur creux du mois de mars, reste surtout l’affaire des fonds dits spéculatifs, selon la banque. 

L’ALPHABET DE LA REPRISE

En ce qui concerne la relance économique, les gestionnaires la prévoient en U plutôt qu’en V, voire même en W, ce qui signifie qu’elle serait entrecoupée de nouvelles baisses. Leur plus grande crainte? Une deuxième vague épidémiologique. Elle fait trembler plus de la moitié des répondants. Seulement 10 % des répondants croient en une reprise rapide. 

En ce sens, l’arrivée d’un vaccin pourrait les rassurer. Ces jours-ci, les annonces encourageantes se multiplient. Au Québec, par exemple, IMV dévoilait récemment que son vaccin avait obtenu de bons résultats sur les souris et qu’elle commencera bientôt des essais cliniques chez l’humain.

Des projets sont en cours aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Chine, notamment. Au total, 169 vaccins seraient en préparation dans le monde et douze en sont au stade des premiers essais cliniques chez l’humain. Le défi, non seulement de trouver un vaccin efficace, mais de le fabriquer rapidement à grande échelle et de le distribuer partout, reste toutefois énorme.

L’endettement des entreprises incite aussi ces grands investisseurs à la méfiance. Près des trois quarts (73 %) les appellent à réduire leur dette. D’autres répondants, moins nombreux, souhaitent voir les sociétés appuyer sur l’accélérateur côté investissements. Enfin, une petite part des personnes sondées rêvent à des programmes de rachats d’actions ou à une hausse des dividendes.

Lorsqu’ils regardent dans leur boule de cristal, ces investisseurs voient une relocalisation des chaînes d’approvisionnement, une poussée protectionniste et une hausse des impôts.