Un homme d'affaire devant un écran, évaluant le marché.
Photo : Denphumi Jaisue / 123RF

L’inflation ne fait pas grand bien aux obligations. Nombre de conseillers cherchent donc des outils pour augmenter les rendements des titres à revenu fixe. Certains fonds alternatifs qui empruntent des liquidités pour acheter des obligations d’entreprises et d’État peuvent donc sembler attirants, mais l’utilisation de l’effet de levier comporte des risques, rappellent ces experts.

Tout d’abord, il faut se rappeler que si un fonds obligataire est normalement classé comme étant à faible risque, les solutions de rechange qui empruntent des liquidités pour acheter des obligations sont cotées comme présentant un risque faible à moyen ou moyen. Elles sont donc plus risquées, mais elles offrent toutefois plus de rendement.

Il est « difficile d’extraire beaucoup de revenus » des titres à revenu fixe en raison de la faiblesse des taux d’intérêt, concède Mark Wisniewski, associé et gestionnaire de portefeuille principal chez Ninepoint Partners LP à Advisor’s Edge.

Toutefois, comme la Banque du Canada a relevé son taux directeur, la situation est déjà meilleure que ce qu’elle n’a été, souligne-t-il.

Mais la situation économique actuelle n’aide aucun titre. Avec la hausse de l’inflation et des taux, les obligations tout comme les actions ont chuté. « Si vous regardez l’indice obligataire cette année, il a baissé de 7 à 9 %. L’effet de levier amplifie donc cette baisse, malheureusement », souligne Wes Ashton, gestionnaire de portefeuille et directeur de la stratégie de croissance chez Harbourfront Wealth.

Cependant, il est toujours intéressant d’utiliser l’effet de levier dans un fonds obligataire, soutient l’expert. « Ce qui pose problème en ce moment, c’est que les actions baissent et les obligations baissent en même temps », expose-t-il.

Ainsi, si l’utilisation de l’effet de levier dans un fonds à revenu fixe peut amplifier les gains, elle peut aussi amplifier les pertes.

« Pour un gestionnaire de titres à revenu fixe, il n’y a pas vraiment une tonne d’option lui permettant dde générer plus de rendement dans un environnement de taux bas, à part acheter beaucoup de titres mal notés », note Mark Wisniewski.

« Vous devez donc vraiment creuser sous le capot et déterminer le type de levier que vous utilisez. Quel est le multiple [et] quel est l’impact ? » recommande Wes Ashton.

Ainsi, le montant de l’effet de levier utilisé sera directement proportionnel à la volatilité du fonds. Pour ne pas ajouter trop de volatilité, mieux vaut donc ne pas ajouter « trop d’effet de levier », explique Mark Wisniewski.

MAIS OÙ EST DONC L’ÉQUILIBRE?

« Je pense qu’utiliser un effet de levier trois fois supérieur est beaucoup trop », avance Mark Wisniewski, qui utilise en moyenne un effet de levier d’une fois. « Un tour d’effet de levier permet d’obtenir des revenus intéressants sans contribuer de manière significative à la volatilité. »

« Étant donné qu’il y a déjà un recul (des prix des obligations), c’est mieux aujourd’hui, en termes de prix et de valeur, qu’il y a 12 mois. Donc, pour les personnes qui envisagent un investissement obligataire liquide ou à effet de levier, c’est plus favorable aujourd’hui qu’il y a 12 mois, compte tenu des prix », précise Wes Ashton en conclusion.