La retraite à 55 ans, c’est le rêve de bien des gens, mais que bien peu peuvent réaliser. Pierre et Mario l’ont pourtant fait, et même avec un petit peu d’avance sur leur plan. Le premier avait 52 ans, le second 50, lorsqu’ils ont pris leur retraite, en 2013, après avoir vendu l’entreprise qu’ils exploitaient ensemble depuis 25 ans.

« Nous avons obtenu un bon prix; nous avons donc sauté sur l’occasion », affirme Pierre, aujourd’hui âgé de 55 ans. Depuis, le couple montréalais en a profité pour se reposer et se permettre quelques escapades en Europe. Sauf que maintenant, trois ans plus tard, Pierre est inquiet de leur avenir financier. « À l’époque, dit-il, quand ils se sont retirés, ils comptaient sur la hausse des taux d’intérêt pour s’assurer un revenu décent. Mais voilà, les taux n’ont pas augmenté, au contraire. »

« Tous les six mois, on nous a dit que les taux allaient monter, mais cela n’est jamais arrivé! », déplore Pierre, qui admet être plus angoissé que son conjoint. À tel point, en fait, qu’il se demande s’ils vont pouvoir poursuivre leur retraite ou s’ils ne seront pas obligés de reprendre le boulot.

Mario, incidemment, a déjà commencé à chercher. Si l’occasion se présentait pour accomplir de petits travaux paysagers ou pour faire du déneigement, à temps partiel, il envisagerait sérieusement de travailler. Oui, pour ces jeunes retraités, la retraite à 55 ans pourrait bientôt se transformer en travaux forcés à 55 ans!

À première vue, pourtant, leur situation financière ne paraît pas aussi dramatique que Pierre l’imagine. Au cours des années, ils se sont même construit un important patrimoine constitué de placements REER et hors REER d’une valeur de 993 000 $. Ils sont aussi propriétaires d’un triplex évalué à 698 000 $, libre d’hypothèque qui leur rapporte 16 000 $ par année en revenus de location. À eux deux, ils valent donc plus d’un million et demi de dollars.

Pourquoi se faire tant de soucis?
Leur problème réside dans le fait que tous leurs actifs financiers se composent de dépôts à terme ou de certificats de placements garantis (CPG), qui génèrent des rendements anémiques.

Dans ces conditions, malgré leur capital, et même si Pierre et Mario anticipent un train de vie modeste de 28 000 $ par an chacun pour leurs années de retraite, risquent-ils de survivre à leurs actifs? Comme on compte plusieurs centenaires dans la famille de Mario, il est probable que celui-ci sera encore de ce monde et qu’il aura besoin de revenus pendant encore plusieurs années.

Travailler ou pas?
Est-ce qu’il faut considérer l’idée de Mario de retourner sur le marché du travail si celui-ci estime qu’il pourrait gagner
30 000 $ par année?

Pierre et son conjoint n’aiment pas prendre de gros risques et à leur âge, c’est une bonne attitude. Il n’empêche que cette décision d’investissement met en péril une partie de leurs vieux jours; ils ont donc un profil très prudent.

LA SITUATION
Pierre, âgé de 55 ans, et Mario de 53, ont pris leur retraite en 2013 après avoir vendu leur entreprise; ceux-ci comptaient sur une hausse des taux d’intérêt pour assurer leurs vieux jours. Ils n’ont pas d’enfants et leur budget annuel s’élève à 28 000 $ net chacun, ce qui n’inclut ni les dépenses liées à la maison ni l’entretien.

Chacun a une petite assurance, qui rapportera 60 000 $ au décès de l’un ou de l’autre bénéficiaire. À leur décès, ils veulent léguer leur patrimoine à une œuvre caritative qui défend les droits de la communauté LGBT.

Actifs
Maison : 698 000 $, libre d’hypothèque
REER : 380 212 $
Hors REER : 612 788 $

Nathalie JacquesOpinion no1
Nathalie Jacques, conseillère en sécurité financière, conseillère en assurances et rentes collectives et planification financière, représentante en épargne collective, Solutions financières N. Jacques inc.

A priori, soulignons que la situation de Pierre et Mario n’a rien d’alarmant, pour peu que le couple soit prêt à revoir certains aspects de la gestion de ses placements.

Pour répondre aux inquiétudes de Pierre et orienter le couple dans sa prise de décisions, je proposerais deux scénarios, fondés sur l’hypothèse d’un taux d’inflation de 2 % par année.

Dans le premier scénario, l’espérance de vie des deux membres du couple, déjà retraité, est établie à 90 ans, et leurs dépenses à la retraite sont de 4 667 $ par mois, sans inclure les frais liés à l’entretien de l’immeuble dont ils sont propriétaires. Le rendement des placements, dans les REER et non enregistrés, est établi à 2 % par année, et ce, avant et après la retraite. Enfin, on émet l’hypothèse que la cotisation du RRQ serait à hauteur de 75 % de la rente maximale, soit 606 $ par mois pour Mario, et 583 $ par mois pour Pierre, et que chacun choisirait de la percevoir à compter de l’âge de 60 ans.

Dans le deuxième scénario, les variables demeurent les mêmes dans le cas du taux d’inflation, des dépenses mensuelles à la retraite, et du RRQ. L’espérance de vie de Mario est repoussée à 100 ans, compte tenu de ses antécédents familiaux, celle de Pierre étant toujours de 90 ans. Le taux de rendement des placements est ici établi à 1,5 %, avant et après la retraite.

Pierre et Mario se demandent s’ils risquent de survivre à leur actif. Dans le premier scénario, la réponse est non. Leur actif en placements sera suffisant pour générer les revenus nécessaires pour maintenir leur qualité de vie jusqu’à leur décès. Dans ce scénario, il n’est donc pas nécessaire que Mario se trouve un emploi pour assurer la tranquillité d’esprit financière du couple. Pierre et Mario n’ont donc pas à s’inquiéter pour l’avenir.

Par contre, dans le deuxième scénario, en raison de l’espérance de vie plus longue de Mario et de la faiblesse du taux de rendement des placements, la réponse est oui. L’actif du couple en placements ne serait pas suffisant pour lui garantir un revenu suffisant jusqu’au décès des deux membres du couple, puisque Mario, qui survivrait à Pierre, manquerait de revenus lorsqu’il atteindra l’âge de 91 ans.

Dans cette hypothèse, trois options s’offrent au couple.

La première serait que Mario, qui a déjà entrepris des démarches dans ce sens, trouve du travail pour une période de 10 ans afin de pouvoir repousser le décaissement d’une partie de ses placements. En ayant un revenu annuel de 30 000 $ provenant du travail de Mario, l’objectif (ne pas survivre à l’actif en placements) ne serait toutefois atteint que dans une proportion de 91 %.

La deuxième serait que Pierre et Mario investissent leur avoir dans des fonds de catégorie « prudent », dont le rendement annuel brut moyen s’élèverait à 4 % pour toute la durée de leur retraite. Dans ce cas, l’objectif du couple serait atteint à 100 %.

Enfin, la troisième option serait que le couple envisage de vendre le triplex vers l’âge de 75 ans et qu’il utilise le produit de la vente pour générer un revenu de retraite supplémentaire. Dans cette hypothèse, bien sûr, le budget mensuel prévoirait un loyer, établi, pour les besoins de notre analyse, à 900 $ par mois, indexé. Dans ce cas, l’objectif serait atteint à 96 %.

Dans cette optique, une combinaison des deux premières options constitue, selon moi, la meilleure stratégie, car, Mario bonifierait la situation financière en travaillant quelques années. Par ailleurs, le choix d’options de placement prudent (fonds d’obligations, fonds à revenus, fonds prudents) augmenterait le rendement d’une partie des placements (de préférence les comptes non enregistrés), ce qui permettra au couple de payer moins d’impôts sur les revenus de placement, puisqu’on sait que les revenus d’intérêts coûtent plus cher en impôt que les dividendes ou les gains en capital. Enfin, dans le respect de la volonté du couple de léguer son patrimoine à une œuvre caritative qui défend les droits de la communauté LGBT, l’immeuble à revenu et le solde des placements (s’il y a lieu) pourront être remis à un tel organisme par voie testamentaire. Notons que la valeur brute du triplex au décès de Mario, à l’âge hypothétique de 100 ans, sera de l’ordre de 1,6 million $.

Marco R. CarreauOpinion no2
Marco R. Carreau, planificateur financier, Solutions financières Marco R. Carreau inc., Cabinet de services financiers – distributeur autorisé par la Sun Life du Canada, compagnie d’assurance-vie et cabinet partenaire de Distribution Financière Sun Life (Canada) inc., sa filiale.

Le cas de Pierre et Mario est un cas typique qui se présente souvent dans notre pratique professionnelle : des couples qui ont travaillé toute leur vie, accumulé un capital somme toute important pour la retraite, mais qui pour diverses raisons n’ont pas su ou voulu faire appel à un professionnel de la planification financière. Ils n’ont donc pas obtenu de conseils quant à la bonne façon de faire fructifier cet avoir et de mettre au point une stratégie adaptée à leur situation et à leur mode de vie pour s’assurer une retraite à la hauteur de leurs attentes.

Après 25 ans de dur labeur, Pierre et Mario ont vendu leur entreprise et se sont aussitôt dirigés vers une banque ou une institution financière, sans autre forme de consultation. Ils ont placé le produit de la vente dans des véhicules proposant des taux de rendement très conservateurs, en comptant sur une hausse éventuelle de ces taux, qui après quelques années s’avèrent stagnants. L’inquiétude s’installe rapidement, comme en témoigne le projet de Mario de retourner au travail, non pas parce qu’il le souhaite, mais parce qu’il s’y sent obligé.

Pourtant, le couple possède un avoir considérable de plus d’un million de dollars, compte tenu de son âge, sans compter que son train de vie est tout de même raisonnable, soit 56 000 $ par année. Mais si celui-ci n’apporte pas de changements à la gestion de ses placements, il pourrait effectivement, à long terme, se retrouver en difficulté, en raison notamment de l’espérance de vie potentiellement longue de Mario, héritée de sa famille.

A priori, je proposerais au couple de consulter un conseiller financier pour élaborer une vraie planification financière, en commençant par examiner le testament, afin de déterminer s’il respecte leur souhait : léguer leur patrimoine à un organisme sans but lucratif. Il faudrait également s’assurer que les deux membres du couple ont préparé, avec l’aide d’un notaire, un mandat en cas d’inaptitude qui les protégerait l’un et l’autre, étant donné qu’ils sont propriétaires d’un immeuble dont la valeur est importante. De plus, une procuration générale fournirait une protection s’il devait arriver quelque chose.

Comme les avoirs sont vraisemblablement placés dans des CPG, il serait primordial de connaître les échéances de ces placements. Quant à la propriété d’une valeur de 698 000 $, elle est libre d’hypothèque et génère un revenu de 16 000 $ par année.
L’avoir du couple est donc entièrement investi dans deux types de placements : les CPG, et l’immobilier, ce qui représente selon moi un problème majeur, la diversification étant un principe fondamental et reconnu en matière de planification financière.

En premier lieu, il faudrait déterminer s’il est encore judicieux de conserver cette propriété. Serait-il préférable de la vendre et d’investir le produit dans des instruments de placements qui proposeraient un rendement supérieur à 16 000 $ par année, et de privilégier un logement à loyer comme lieu d’habitation? Le couple devrait absolument évaluer cette hypothèse, avec l’aide d’un conseiller, surtout quand on sait qu’il aime voyager. La location offre plusieurs avantages et pourrait, au chapitre de la qualité de vie, mieux convenir à Pierre et Mario, financièrement et qualitativement.

Quant aux autres placements, soit les CPG où sont placés tous les avoirs du couple, leur taux de rendement n’atteint même pas le taux d’inflation et les intérêts des placements non enregistrés sont, en outre, imposables. Or, il est reconnu qu’un placement doit générer au moins trois fois le taux d’inflation, qui est actuellement de l’ordre de 2 %. Il est évident que le couple devra diversifier ses placements, sans quoi son avoir s’érodera rapidement au gré des années. Actuellement, celui-ci s’appauvrit tous les mois! C’est la simple réalité.

Dans la stratégie de diversification que je recommanderais au couple, il serait important de tenir compte de leur profil prudent, voire conservateur. La bonne nouvelle est qu’il existe des instruments financiers, qui peuvent vraiment les aider.

Par ailleurs, effectuer les calculs qui s’imposent au chapitre des assurances revêt une importance primordiale. En ce qui concerne l’assurance-vie, il s’agit notamment d’évaluer les répercussions financières du décès de l’un ou l’autre des deux membres du couple (frais liés au décès, tels que les funérailles et les frais juridiques, pertes de revenus, entre autres). Il faudrait également faire en sorte que toutes les charges d’impôt puissent être réglées au deuxième décès, surtout quand on sait que celui-ci veut léguer ses avoirs à un organisme caritatif.

Du côté de la santé, il faudrait évaluer quels seraient les besoins financiers du couple si l’un ou l’autre était atteint d’une maladie grave et si celle-ci devait exiger des soins de longue durée. D’autant plus que Pierre et Mario sont à un âge très critique en matière de risque de santé.

Quant aux placements, la question consiste à déterminer le type d’instrument financier à privilégier pour produire un revenu stable, sans prendre de risques inutiles. Il existe deux types d’instruments qui pourraient, selon moi, être intéressants à cet égard.

Le premier est la simple rente viagère, sans garantie, mais assurée (rente dos-à-dos). Ainsi, en cas de décès pendant la durée de la rente, l’assurance remplacera la rente, qui n’est pas garantie, et cette assurance sera libre d’impôt; une option attrayante, si le couple dispose des ressources budgétaires pour y souscrire. Toutefois, compte tenu de changements annoncés par le gouvernement au chapitre des rentes, il devra s’en prévaloir avant le 31 décembre 2016. Cette option est également très intéressante sur le plan fiscal, puisque la succession sera léguée à un organisme caritatif, au deuxième décès.

Pour bénéficier d’un avantage fiscal, il est également possible d’opter pour le deuxième instrument, à savoir un Fonds de placement garanti Sun Life (Avantage à vie – Fonds de placement garanti Sun Life), destiné aux personnes âgées de 55 ans et plus. Il s’agit d’une nouvelle génération de fonds distincts dont tout l’intérêt réside dans le fait que le titulaire reçoit un revenu minimum garanti à vie. Il est envisageable de bâtir un portefeuille et de le diversifier (dividendes, comptes à revenus, obligations, par exemple) de manière à ce que son rendement surpasse l’inflation (en visant un rendement de trois fois l’inflation). Le revenu est garanti, peu importent les fluctuations de l’économie.

Assurément, le rendement sera supérieur à celui des CPG, et très probablement à celui d’une rente traditionnelle. De plus, le titulaire de parts a accès à ses fonds, contrairement aux CPG ou aux rentes traditionnelles, dont les fonds sont « gelés » pour une période déterminée.

En outre, il y a réinitialisation automatique annuelle du revenu garanti à vie, à l’anniversaire du contrat, au cours des années précédant la date du début du versement du revenu. Plus le capital augmente, plus le revenu s’élève. On peut y inscrire des placements REER, et des placements hors REER (en utilisant par exemple, pour économiser de l’impôt, des placements en société, plutôt qu’en fiducie).

Enfin, au sujet de l’éventualité de retourner au travail, je privilégie cette approche dans la mesure où, en plus d’être rentable, si possible, elle contribue à l’épanouissement personnel du retraité, voire à sa qualité de vie et à sa longévité. Dans cette optique, Pierre et Mario peuvent envisager une retraite réussie, où en plus d’avoir la tranquillité d’esprit de savoir qu’ils pourront atteindre leurs objectifs financiers (que leurs placements leur survivent et qu’ils puissent léguer un patrimoine intéressant à l’organisme sans but lucratif), ils s’épanouiront individuellement en accomplissant ce qu’ils aiment, dans le cadre d’un travail où ils pourront se réinventer et mettre leurs talents à contribution.

En conclusion, ma meilleure recommandation serait de consulter sans plus attendre un professionnel de la planification financière pour mener une analyse complète de leur situation financière et de leurs objectifs, afin d’établir une stratégie adaptée à leurs besoins, en tirant parti des nombreuses options qui s’offrent à eux pour vivre une retraite sereine, en toute tranquillité d’esprit.

Serge ValléeOpinion no3
Serge Vallée, conseiller autonome en sécurité financière, conseiller en assurances et rentes collectives, représentant en épargne collective

Le fait que les placements actuels du couple sont extrêmement conservateurs (CPG, véhicule à faible risque, mais dont le rendement est à l’avenant, soit de l’ordre de 1,5 %) représente un aspect central de la situation de Pierre et Mario.

La question du profil d’investisseur est un facteur déterminant de toute stratégie de placement, mais également une question très délicate puisqu’elle met en cause d’une part la nature profonde de l’investisseur, qui doit être respectée, mais aussi sa volonté d’obtenir le meilleur rendement possible, tout en respectant sa tolérance ou non-tolérance au risque.

Ainsi, dans le cas de Pierre et Mario, il pourrait être possible d’aller chercher un rendement un peu plus élevé, de l’ordre de 4 % (afin de dépasser le taux d’inflation, qui est de l’ordre de 3 %), si le couple était disposé à adopter un profil d’investisseur un peu moins conservateur. Il pourrait ainsi privilégier un portefeuille dont le niveau de risque ne serait pas très élevé, composé à 60 % d’intérêts, 20 % de dividendes, 20 % de gain de capital, par exemple. Le rendement d’un tel portefeuille pourrait être supérieur à 4 %.

Mais il est toujours délicat de demander à un client « nerveux » en matière de placements de changer sa nature profonde, dont il faudra toujours tenir compte dans l’élaboration d’une stratégie. J’inviterais le couple à reconsidérer sa tolérance au risque, même minimalement, afin de bonifier le rendement de son avoir actuel.

La réduction des dépenses du couple pourrait également constituer un levier afin d’augmenter les fonds disponibles pour augmenter la capacité d’épargne.

Selon moi, en raison de l’ensemble de leur situation et de leur profil d’investisseur, il serait sage que Pierre ou Mario retourne sur le marché du travail pour une période d’environ 10 ans (jusqu’à 65 ans). Cela leur permettrait de consolider les revenus du couple et de constituer un capital de retraite complémentaire qui apaisera ses inquiétudes et sera garant du maintien de sa qualité de vie à la retraite.

En supposant que l’espérance de vie de Pierre soit de 85 ans, et celle de Mario de 90 ans (compte tenu de la longévité qui caractérise les membres de sa famille), et que les deux recevront les rentes gouvernementales (Sécurité de la vieillesse et Régime des rentes du Québec), le couple pourrait ainsi atteindre, selon moi, ses objectifs : tranquillité d’esprit à la retraite, tout en maintenant sa qualité de vie, et capacité de léguer un patrimoine à une œuvre caritative qui défend les droits de la communauté LGBT.

Le triplex dont le couple est propriétaire constitue en outre un élément d’actif important. Celui-ci génère actuellement un revenu, mais il pourrait éventuellement envisager de le vendre, plus tard, après 65 ans, pour investir le produit de la vente, même si ce devait être selon un profil conservateur, et privilégier un logement à loyer raisonnable (de l’ordre de 1 200 $ par mois) pour son habitation.

Autre possibilité : le couple pourrait également choisir de conserver la propriété et de se prévaloir d’une hypothèque inversée. Cette façon de faire permettrait à Pierre et Mario de continuer de vivre dans leur maison jusqu’à la fin de leurs jours, puis de la vendre au moment du décès, liquider l’hypothèque inversée, et léguer le résidu de la vente à l’organisme sans but lucratif.

Une autre bonne solution pour que le couple puisse transmettre son patrimoine à l’organisme serait, si son budget le lui permet, de souscrire une police d’assurance-vie au deuxième décès, au montant qu’il souhaite laisser à l’organisme. De cette façon, le couple n’aurait plus à se préoccuper de la valeur du patrimoine qu’il léguerait, puisque ce montant serait garanti par l’assurance.

Enfin, compte tenu du fait que le couple a une vie active et voyage occasionnellement à l’étranger, il serait prudent qu’il souscrive une assurance soins de santé, afin de ne pas s’exposer à ce que d’éventuels problèmes de santé viennent grever son budget et diminuer sa qualité de vie à la retraite. Si leur budget le leur permet, Pierre et Mario pourraient également, en complément, souscrire une assurance soins de longue durée.


Francois Bernier

L’avis de François Bernier, notaire
Directeur, techniques de planification avancées, Financière SunLife

J’ai fait quelques projections en présumant que Pierre et Mario partagent leur capital en parts égales, que leurs CPG auront un rendement de 1,75 % (tel que suggéré par les hypothèses de l’IQPF), et que le montant alloué à leur train de vie sera ajusté à l’inflation.

S’ils ne changent rien à leur situation actuelle, ne retournent pas sur le marché du travail, et commencent à décaisser leur capital, ils risquent d’épuiser leurs ressources quand Pierre atteindra 73 ans. En effet, le Régime des rentes et la Sécurité de la vieillesse n’entreront pas en ligne de compte avant qu’ils aient 60 et 65 ans respectivement, et ils seront forcés de faire d’importants retraits imposables de leur REER.

On peut améliorer leur stratégie en remplaçant les CPG par des fonds communs de placement. S’ils choisissent un portefeuille très conservateur qui obtient un rendement de 3,30 % (toujours selon l’IQPF), ils ne manqueront pas de capital avant les 77 ans de Pierre. Mais ils risquent de vivre plus vieux que cela. Ce n’est donc pas suffisant.

La solution la plus durable consisterait à agir sur trois fronts. D’abord, convertir le REER en rente viagère, qui générera un revenu annuel supérieur de près de 70 %, et qui sera garantie à vie. Ensuite, choisir un portefeuille de placements plus dynamique à 4,80 %. Malgré cela, ils devront décaisser des revenus importants en début de retraite, de 55 à 60 ans. La troisième bonne idée serait donc de travailler de 55 à 59 ans, à temps partiel, pour obtenir un salaire de 30 000 $ à deux. De cette façon, ils auront un revenu assuré jusqu’à 95 ans, en espérant qu’ils font partie des 10 % des hommes chanceux qui parviennent à cet âge-là.

S’ils ne veulent vraiment pas travailler, alors ils manqueront de capital plus tôt, soit vers 90 ans. Mais ils auront encore la possibilité de vendre leur bâtiment et de vivre en résidence ou en appartement, ou selon leur état de santé, en CHSLD.

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