« Dois-je décaisser du compte d’épargne libre d’impôt (CELI) ou du régime enregistré d’épargne-retraite (REER)? », questionnent sans doute plusieurs clients. D’autres tergiversent : « Et mes prestations du régime de rentes du Québec (RRQ), dois-je commencer à les percevoir à 60 ou 65 ans? »

Aucune recette universelle n’est disponible en matière de planification fiscale du revenu à la retraite. « Un plan d’action personnalisé pour chaque épargnant », recommande François Bernier, directeur, planification fiscale et successorale, gestion de patrimoine à la Financière Sun Life. L’idéal demeure de faire une planification des revenus de retraite par couple et non par individu. « Il y a de nombreuses possibilités d’optimisation fiscale entre conjoints », dit-il.

La méthode suggérée

La première étape est de déterminer le coût de vie estimé à la retraite, après impôt, du client. « Exigez une certaine précision dans les données que l’on vous fournit : l’éventuel retraité doit vous présenter un budget réaliste et détaillé », suggère-t-il. Vous devez être en mesure de comptabiliser toutes les dépenses fixes et discrétionnaires. Les deux tourtereaux ont des projets particuliers? « Ça fait partie de l’équation », renchérit François Bernier. Rénovations, voyages ou location d’un chalet, inscrivez le tout à votre chiffrier! La somme de tous ces déboursés vous permettra d’établir le coût de vie estimé à la retraite, après impôt. « Le but de l’exercice se résume à décaisser annuellement les seuls montants requis tout en minimisant la facture fiscale », rappelle-t-il.

La seconde étape est de dresser une liste de toutes les sources de revenus prévues au moment de la retraite. « Le client possède-t-il des actifs non enregistrés ou un CELI bien garni? N’oubliez pas, aussi, les prestations à recevoir des divers paliers gouvernementaux : la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV), le Supplément de revenu garanti (SRG) et le versement du RRQ. Dressez ensuite une liste des autres sommes détenues dans des comptes enregistrés – REER, FERR, CRI et FRV, à titre d’exemple – Et, finalement, vérifiez si le client bénéficie d’un régime de retraite à cotisations ou à prestations déterminées de son employeur?

Puisque l’exercice exige une certaine précision, n’hésitez pas à demander au client de se procurer ses différents relevés de participation. Retraite Québec le propose directement sur son site Web, et votre administrateur du régime de retraite vous le fait parvenir sur une base régulière. Informez-vous! Une fois que vous avez tous ces renseignements en main, voici le moment venu de faire « votre travail d’horloger », explique François Bernier.

Conseiller et horloger, même combat!

Dans le cadre de son travail, l’horloger utilise de multiples pièces mécaniques qui doivent venir s’imbriquer l’une dans l’autre. Un art qui exige minutie et méthode. Après tout, une montre doit donner… l’heure juste! « Le conseiller, lui, doit appareiller toutes les sources de revenus du client pour en maximiser l’efficacité fiscale », compare notre invité. Et, pour ce faire, une multitude de stratégies s’offrent à lui!

1) Tenir compte de la PSV et du SRG

Le retraité ne comptant que sur de faibles revenus devrait s’assurer de ne pas décaisser davantage que le seuil d’admissibilité prévu par le SRG, fixé à 17 784 dollars en excluant la PSV. [Tweetez ceci] À l’inverse, celui qui possède plusieurs sources de revenus devrait s’assurer, si possible, de ne pas dépasser le cap des 75 910 dollars annuellement pour ne pas perdre son droit à la PSV. « Faites vos calculs pour que le client n’ait pas à payer l’impôt de récupération associé à cette prestation », dit François Bernier.

2) Conserver le crédit d’impôt en raison de l’âge

Le crédit d’impôt en raison de l’âge est un cadeau du gouvernement fédéral et représente une réduction approximative de 1 100 dollars sur l’impôt à payer à l’Agence du revenu du Canada (ARC). Ce crédit diminue graduellement pour tout contribuable ayant un revenu supérieur à 36 976 dollars annuellement. « Tentez si possible d’éviter à votre client d’atteindre ce palier! »

3) Identifier le meilleur moment de recevoir les prestations

La décision de retarder de percevoir la prestation du RRQ peut s’avérer payante. [Tweetez ceci] La rente mensuelle maximale est de 725,87 dollars, 1 134,17 dollars ou 1 610,52 dollars par mois, en fonction du déclenchement à 60, 65 ou 70 ans, respectivement. « La PSV présentée précédemment propose aussi une certaine modularité: en la repoussant de 65 à 70 ans, elle sera bonifiée de 36 %! »

4) Diviser la rente du RRQ avec le conjoint

Il pourrait être avantageux pour le client de diviser sa rente du RRQ avec son conjoint, dans l’espoir d’être imposé dans une fourchette d’imposition inférieure. « Il n’est pas nécessaire que les deux conjoints aient cotisé au régime en question pour diviser la rente de l’un d’eux, mais les deux rentiers doivent avoir 60 ans ou plus », explique François Bernier.

5) Fractionner certains revenus de retraite

Les particuliers de plus de 65 ans résidents du Canada ont la possibilité de fractionner leurs revenus de retraite avec leur conjoint, marié ou de fait, ayant un taux d’imposition plus bas. « C’est en préparant leurs déclarations de revenus que les retraités prennent la décision d’allouer jusqu’à 50 % de certaines rentes admissibles – un régime de l’employeur, FERR ou FRV, à titre d’exemple – dans la déclaration du conjoint ayant le revenu le moins élevé », explique-t-il. Attention! Des exceptions subsistent à la réglementation fédérale!

6) Choisir des fonds de catégorie

Au lieu de retirer d’un compte enregistré – et de risquer ainsi de voir sa PSV diminuer –, le client pourrait utiliser son épargne non enregistrée pour acheter des fonds de catégorie, pour ses placements hors REER. Au moment de l’encaissement de ces mêmes fonds, une partie du revenu demeurera non imposable, vu qu’il s’agit, partiellement, d’un retour de capital.

7) Compléter la planification avec une rente viagère

Le client « un peu juste » dans ses prévisions budgétaires peut compléter la planification de ses revenus de retraite avec une rente viagère. L’épargnant débourse un montant de capital pour souscrire un contrat de rente prescrit qui lui procurera des prestations fixes et régulières sa vie durant. « En investissant une tranche fixe de son capital dans une rente, l’épargnant soumet ainsi le solde de ses économies à une pression moindre de générer un rendement important! ».

Le mot de la fin

Votre travail, tout comme celui de l’horloger, exige donc minutie et méthode. Vous devez, aussi, jongler avec une multitude de pièces complexes pour réussir votre mission. « Pour l’épargnant dont les revenus se situent dans une fourchette d’imposition inférieure, il serait logique de décaisser d’abord des produits qui sont fiscalement moins intéressants. Le REER, à titre d’exemple.[Tweetez ceci] À l’inverse, les plus riches doivent opter pour des véhicules financiers fiscalement avantageux pour éviter d’en ajouter à leur fardeau », dit-il. Finalement, un bon plan de décaissement n’est jamais statique. « Il évolue plutôt dans le temps. Prévoyez un peu de souplesse et révisez-le avec le client tous les 3 à 5 ans », conclut François Bernier.

À vous de jouer.
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