Qu’ont en commun une population vieillissante en santé, les divorces gris et un manque d’éducation sexuelle? Selon certaines sources, ces trois éléments sont associés à une augmentation du nombre de cas d’infections transmises sexuellement(ITS) chez les Canadiens âgés de plus de 50ans. Certains de vos clients pourraient être concernés; il pourrait s’agir de clients qui souhaitent se renseigner à propos de l’assurance-vie et de l’assurance-santé. Mais serez-vous pris au dépourvu? Et serez-vous mal à l’aise d’aborder le sujet des ITS avec ces clients?

En savoir plus à propos de cette tendance est un bon moyen de se préparer à avoir une telle conversation. De plus, vous favoriserez un dialogue constructif si vous connaissez les solutions que propose le secteur des services financiers.

Des faits coquins

Dans l’édition hiver 2015-2016 de sa publication Sélection Santé, l’Association canadienne de santé publique(ACSP) a établi un lien entre l’amélioration des soins de santé offerts par le système public durant la jeunesse des boomers– immunisation, antibiotiques, diagnostics– et leur meilleur état de santé alors qu’ils avancent en âge. Selon le rapport, «ces avancées leur ont permis de vivre plus longtemps et en meilleure santé, de mener une vie plus active… et ainsi d’être davantage actifs sur le plan sexuel».

«La fréquence des relations sexuelles» a été établie dans le cadre d’une étude menée en 2016 par le Sex Information and Education Council of Canada(SIECCAN)[1] et parrainée par les fabricants des produits Trojan. Après avoir sondé 2400Canadiens dans la force de l’âge[2] sur leurs comportements et leurs attitudes par rapport à la santé sexuelle, le SIECCAN en est venu à la conclusion que:

  • environ 40% des répondants qui sont mariés ou qui cohabitent avec une autre personne ont au moins une relation sexuelle par semaine;
  • 30% des répondants célibataires indiquent avoir des relations à la même fréquence.

«Ce que ça nous lance dans la tronche, c’est que les gens de cet âge ont une vie sexuelle et érotique, ce qu’on a à peu près toujours nié», indique Jocelyne Robert, sexologue et auteure[3].

Le problème est qu’ils ne se protègent pas toujours.

Une activité risquée

Dans un rapport fondé sur une étude menée en 2010 par la Fondation canadienne du foie, un boomer sur cinq indique moins utiliser le condom puisque le risque de grossesse n’est plus très présent. Toutefois, même si ce risque diminue à mesure que la femme vieillit, les gens ne semblent pas réaliser qu’ils peuvent contracter une ITS, peu importe leur âge:

  • plus de la moitié de l’ensemble des boomers affirme ne pas avoir peur de contracter une ITS;
  • 30% des boomers qui ne sont pas mariés ne sont pas inquiets à ce propos.

L’étude menée par le SIECCAN en 2016 indique que 56% des hommes célibataires et 61% des femmes célibataires «n’ont pas très peur» ou «pas du tout peur» de contracter une ITS; c’est probablement ce qui explique leur comportement à haut risque. Parmi ceux qui sont sexuellement actifs:

  • 55% des hommes célibataires et 32% des femmes célibataires ont eu au moins deux partenaires au cours des 12derniers mois;
  • 65% des hommes célibataires et 72% des femmes célibataires n’ont pas utilisé de condom lors de leur dernière relation sexuelle.

«Nous avons beaucoup de travail à faire pour mettre à niveau les connaissances des célibataires dans la force de l’âge en ce qui concerne les pratiques sexuelles plus sécuritaires», explique AlexMcKay, Ph. D., directeur général du SIECCAN. Selon Alain Gariépy, clinicien et ex-vice-président de l’Association des sexologues du Québec, ce phénomène s’explique également par le fait que «les gens de 55 ou 60 ansont commencé leur vie sexuelle dans les années70, à l’époque du peace and love et de la liberté sexuelle, où le préservatif était peu fréquent»[4].

Les maladies contractées dans la force de l’âge

Des renseignements recueillis par l’Agence de la santé publique du Canada appuient les dires de M.McKay et M. Gariépy. Partout au pays, les taux signalés de chlamydia, de gonorrhée et de syphilis ont grimpé depuis la fin des années1990. Bien que, dans la majorité des cas, les gens infectés soient plus jeunes, les taux d’infections ont augmenté de manière significative chez les adultes dans la force de l’âge et les gens plus âgés.

Il en va de même pour le VIH(virus de l’immunodéficience humaine), le rétrovirus à l’origine du SIDA. En 2014:

  • la plus grande proportion des cas de VIH(31,6%) a été diagnostiquée chez les gens âgés de 30 à 39ans; le groupe des 40 à 49ans(22,8%) arrive en deuxième place;
  • la proportion des cas de VIH parmi les gens âgés de 50ans ou plus est passée de 15,0% en 2009 à 21,9% en 2014; ce groupe d’âge dépasse donc celui des 20 à 29ans(21,4%) et prend la troisième place parmi les groupes les plus infectés en 2014[5].

La bonne nouvelle est que bien que toutes les ITS ne puissent pas être soignées, elles peuvent toutes être gérées et traitées[6], y compris le VIH. Grâce aux progrès médicaux, les médicaments antirétroviraux actuels permettent aux gens séropositifs d’abaisser leur niveau de VIH, de ralentir la progression du virus dans leur corps et d’aider leur système immunitaire à combattre les autres infections. En recevant un traitement approprié, ils améliorent leurs chances de vivre plus longtemps et en meilleure santé. Le fait d’entreprendre un traitement rapidement peut accroître leurs chances d’avoir une durée de vie presque normale[7].

Des statistiques qui font réfléchir

Une étude du Royaume-Uni a permis de confirmer que les taux de chlamydia, d’herpèsgénital, de verrues génitales, de gonorrhée et de syphilis avaient augmenté chez les gens âgés de 45ans ou plus, alors qu’aux États-Unis, les gens âgés de 50ans ou plus représentent 15% des nouveaux cas de VIH/SIDA diagnostiqués et 24% des personnes vivant avec le VIH.

Source : ACSP, édition d’hiver 2015-2016 de la publication Sélection Santé

Aborder le sujet

Cette nouvelle situation a également eu des répercussions dans le secteur des services financiers. La Financière SunLife offre maintenant, tout comme d’autres importants assureurs, une assurance-vie aux personnes vivant avec le VIH. Elle a d’ailleurs annoncé en novembre 2016 qu’elle apporterait des changements de premier ordre dans le secteur en ce qui concerne la tarification et les produits.

«La Financière SunLife a toujours prêté une attention particulière aux progrès médicaux effectués partout dans le monde afin d’être en mesure de continuellement évaluer et raffiner ses lignes directrices en matière de tarification et ses produits et services», explique SharonSmith, tarificatrice en chef.

«Grâce à un diagnostic plus précoce et à des traitements plus efficaces, les affections qui étaient incurables– comme l’hépatiteC et le VIH – sont maintenant considérées comme des maladies chroniques pouvant être traitées. En conséquence, nous offrons maintenant aux personnes atteintes du VIH qui suivent leur traitement, qui ont une situation médicale favorable et qui seraient autrement admissibles à une assurance, plus de 3millions de dollars en couverture d’assurance-vie, ce qui nous a permis de devenir l’assureur qui couvre le plus de tranches d’âge dans le secteur canadien.»

Le service d’entrevue téléphonique de la Financière SunLife peut également s’avérer utile au moment de recueillir des renseignements auprès des clients lorsque des propositions d’assurance-vie et d’assurance maladies graves sont soumises. Si vous ne vous sentez pas à l’aise de demander des renseignements médicaux de nature possiblement délicate, l’entrevue téléphonique pourrait être la solution. De même, certains clients se sentent plus à l’aise de transmettre ces renseignements par téléphone à une personne qu’ils ne connaissent pas personnellement.

Vous pouvez toujours en apprendre davantage en consultant le résumé des infections transmises sexuellement de SantéCanada, la recherche sur le VIH et la population vieillissante au Québec et le rapport2013 sur les maladies infectieuses produit par l’Agence de la santé publique du Canada.


[1] Le SIECCAN est un organisme de bienfaisance national enregistré qui a été fondé en 1964 pour favoriser l’enseignement professionnel de la sexualité et de la santé sexuelle ainsi que l’éducation sexuelle du grand public.
[2] 1200hommes et 1200femmes âgés de 40 à 59ans(25% dans chacune des quatre catégories: de 40 à 44ans; de 45 à 49ans; de 50 à 54ans; et de 55 à 59ans); 91,5% d’entre eux étaient hétérosexuels.
[3] Source: Valérie Gaudreau, «Hausse des infections transmissibles sexuellement chez les baby-boomers», Le Soleil, 9 février 2010.
[4] Source: Valérie Gaudreau, «Hausse des infections transmissibles sexuellement chez les baby-boomers», Le Soleil, 9 février 2010.
[5] Source: Le VIH et le sida au Canada : Rapport de surveillance en date du 31décembre2014– Résultats: Coup d’œil
[6] Source: Santé sexuelle Ontario
[7] Source : Canadiensensante.gc.ca