L’épargne forcée a été, par le passé, l’un des meilleurs moyens pour une majorité de citoyens d’épargner en vue de la retraite. Je me rappelle que dans les décennies qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale, les produits d’épargne forcée étaient nombreux et diversifiés au Québec, comme les programmes d’assurances qui ont été combinés à des fonds de dotation. Les premiers fonds mutuels s’achetaient par procuration bancaire mensuelle dans le cadre de contrats de cinq ans, et les CPG étaient beaucoup plus populaires qu’aujourd’hui.

Tous ces produits avaient comme caractéristique commune de forcer l’épargnant à accumuler des sommes importantes pour sa retraite, car «petit train va loin». Certes, ils comprenaient des frais de rachat élevés servant à payer les commissions aux représentants. Toutefois, malgré un rendement faible, ils étaient efficaces car ils s’appuyaient sur une période d’accumulation longue et régulière.

Instaurer une culture de l’épargne
Je pense que l’on devrait augmenter la contribution à la Régie des rentes du Québec et hausser le plafond assurable pour que les citoyens québécois puissent recevoir des prestations de plus de 25000$ par année à leur retraite, ce qui leur garantirait un niveau de vie décent. En outre, il est intéressant de noter que le rendement annualisé de la Caisse de dépôt et placement du Québec est de 8,4% depuis 1966 : l’épargne forcée combinée à un rendement élevé est une solution gagnante.

Nous vivons dans un monde de surconsommation où la perception des besoins et l’envie de dépenser sont plus importantes que les revenus, ce qui augmente l’endettement et nuit à l’épargne. Instaurer une culture de l’épargne est une solution qui nécessite une prise de conscience collective. À mon avis, la sensibilisation, conjuguée à l’épargne forcée ou à tout le moins à l’épargne fortement incitative, conviendrait à une majorité de citoyens qui finiraient par s’habituer à cette méthode plus rigoureuse et systématique d’épargne, comme c’est le cas pour les citoyens des 17 pays de la zone euro, dont le taux d’épargne est supérieur à 13% par an depuis… 12 ans.

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