Si l’un des placements d’un retraité âgé de 60 ans aujourd’hui voyait sa valeur multipliée par 10 en 10 ans, il en serait vraiment ravi, puisqu’il pourrait, à 70 ans, jouir d’une retraite confortable. En effet, un titre dont la valeur grimpe 10 fois en 10 ans enregistre un rendement composé de 25,9 %, ce qui est fort appréciable.

C’est ce qu’on appelle « ten-bagger », terme inventé par le célèbre gestionnaire américain Peter Lynch qui signifie réaliser 10 fois sa mise avec un titre très gagnant.

Entreprise exceptionnelle

Pour qu’un titre connaisse un tel rendement, l’entreprise doit être exceptionnelle en matière de croissance de ventes et de profits, à moins que seule la spéculation puisse expliquer un pareil rendement. Si tel est le cas, il est important pour un investisseur d’en être avisé afin de sécuriser son capital, car la progression boursière « exagérée » peut être en partie du vent, c’est-à-dire un cours qui n’est pas suffisamment justifié par une valeur fondamentale solide à long terme.

Rester quand même prudent

  • Ne pas oublier qu’un « ten-bagger » du passé ne le demeurera pas nécessairement dans l’avenir, comme le confirme l’expression « le rendement passé n’est pas garant de l’avenir ».
  • Se rappeler que le titre peut être temporairement surévalué en raison de l’excès d’optimisme lié à des gains extraordinaires.
  • Favoriser impérativement la diversification : il ne faut pas investir plus de 5 % de son portefeuille dans un tel titre, malgré l’attraction qu’il exerce.

Comment reconnaître un « ten-bagger »

  • Un management exceptionnel : Couche-Tard a excellé dans les bonnes acquisitions; Amazon et Apple dans l’innovation de rupture. Il s’agit d’entreprises souvent fondées par des entrepreneurs visionnaires qui deviennent chef de file dans leur industrie.
  • Un rendement élevé du capital investi à long terme.
  • Il est fort probable que plusieurs « ten-bagger » se retrouvent dans la liste de titres que j’ai baptisés « les nouveaux blue chips modernes » dans un billet précédent.
  • Pour qu’un titre soit un « ten-bagger » dans l’avenir, l’investisseur doit être convaincu de la capacité de l’entreprise à générer des revenus et des profits impressionnants au cours de la décennie à venir.

L’investisseur retraité

La diversification est primordiale. Tant que le potentiel est réel, il est recommandé de conserver un titre à long terme, et de réduire les positions quand il y a surexposition et perte temporaire du momentum, pourvu que le pourcentage fixé soit respecté. Il faut garder à l’esprit que le « ten-bagger » nécessite un investissement à très long terme.

Les opinions exprimées dans ce blogue n’engagent que son auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca ni de la Financière Sun Life.


*William-André Nadeau est vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Tactex. Il possède 32 ans d’expérience dans le domaine des services financiers, à titre de courtier, d’analyste et de gestionnaire de portefeuille.

Au cours de sa carrière, M. Nadeau a conçu et développé, avec succès, plusieurs services et produits financiers pour les investisseurs, comme le service de gestion assistée et l’application des conclusions de la recherche en finance comportementale à la gestion de portefeuille. Il est régulièrement consulté par la presse écrite au sujet des stratégies d’investissement et des performances des marchés boursiers. Il a également animé et participé à une centaine de séminaires et conférences portant sur les investissements boursiers et les revenus de retraite. Avant de se joindre à Tactex Gestion d’actifs, M. Nadeau a été président et gestionnaire de portefeuille chez Orientation Finance. Il a aussi cofondé et propulsé deux firmes de courtage : Investissements Courvie et Nadeau, Provencher et Associés.

Vous pouvez communiquer avec lui à : wanadeau@tactex.ca