Personne âgée comptant des pièces de monnaie qu'elle tient dans sa main.
Photo : Kaspars Grinvalds / 123RF

La forte volatilité qu’a connu le marché des actions au début octobre devrait résonner comme une alarme aux oreilles des épargnants qui s’approchent de la retraite, croit Craig Kirsner, un planificateur de retraite.

« Si vous n’êtes pas déstabilisé après les résultats du marchés des actions du début octobre, c’est que vous n’y avez pas prêté attention », avance l’auteur du livre Retire with Confidence : Preserve and Protect Your Wealth and Leave a Legacy. Il rappelle que le Dow industriel gagnait et perdait alors plusieurs centaines de points non pas par jour, mais à chaque heure.

Si les investisseurs dans la vingtaine et la trentaine peuvent se permettre de prendre tout cela avec un grain de sel, ceux qui approchent de la retraite ou y sont déjà devraient voir les choses tout autrement. Ces clients n’ont pas plusieurs années d’accumulation de capital devant eux pour se refaire en cas de coup dur et doivent protéger leur actif.

Dans une telle optique, réduire le risque devient très important. M. Kirsner présente trois raisons de ne pas douter de cet impératif.

LE CALME AVANT LA TEMPÊTE

La dernière grosse crise financière date de 2008 et depuis ce temps le marché boursier a connu de très fortes performances. Cela peut réduire la vigilance des investisseurs et les amener à devenir agressifs et imprudents. Ils ont tendance à mettre beaucoup d’argent dans le marché pour s’exposer aux forts rendements offerts par les entreprises, sans se demander si ceux-ci sont soutenables. Ils prennent donc plus de risque qu’ils ne le devraient.

« Par exemple, ils peuvent en être rendus à croire que les actions qui paient des dividendes sont des investissements sécuritaires, illustre-t-il. Ce n’est pas le cas. Les actions existent pour fournir de la croissance, pas pour protéger votre capital. »

COMPRENDRE LA REMONTÉE DES TAUX

Au cours de la dernière année, les taux d’intérêt ont doublé aux États-Unis. Au Canada, le taux directeur de la Banque du Canada est passé de 1,00 % à 1,75 % d’octobre 2017 à octobre 2018.

C’est important, car historiquement la remontée des taux crève les bulles qui sont financées avec de l’endettement, rappelle M. Kirsner.

LE VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION, UN DANGER POUR L’ÉCONOMIE

Aux États-Unis comme au Canada, la population vieillit. Chez notre voisin du sud, pas moins de 10 000 baby boomers prennent leur retraite chaque jour. Beaucoup le font avec une épargne-retraite qui est loin d’être mirobolante. Ils doivent donc couper dans les dépenses, ce qui à terme pourrait nuire à l’économie. M. Kirsner rappelle que la demande des consommateurs représente environ 68 % de l’économie américaine. « Qu’arrivera-t-il, selon vous, à l’économie avec 77 millions de baby boomers vieillissants à la retraite qui réduisent dramatiquement leurs dépenses ? », demande-t-il.

Tous ces facteurs devraient amener les plus vieux épargnants à diminuer le risque dans leurs portefeuilles. Ils doivent regarder froidement la situation et se demander s’ils peuvent vraiment surmonter une très grosse perte financière à ce stade de leur vie.

DES INVESTISSEURS PLUS PRUDENTS

Les investisseurs semblent être sur la même longueur d’onde que M. Kirsner, si l’on se fit au plus récent baromètre des conditions d’affaires des gestionnaires de patrimoine de Financial-planning.com. L’indice de tolérance au risque des clients restait en territoire négatif pour novembre, indiquant que les clients souhaitent en prendre de moins en moins.

Les investisseurs s’inquiètent de l’impact sur l’économie des tarifs douaniers, des hauts niveaux de dettes des entreprises, de la montée de la dette du gouvernement fédéral américain, de la remontée des taux d’intérêt et de l’inflation, notamment.

Les conseillers interrogés par Financial.planning.com ont confié que leurs clients les interrogeaient de plus en plus souvent sur la sécurité de leur portefeuille. Les conseillers eux-mêmes ont tendance à conserver une plus grande partie des portefeuilles qu’avant en liquidité. Les obligations regagnent aussi la faveur des clients, alors que les actions perdent du terrain.

Avez-vous souvent ce genre de discussions avec vos clients ? Vos conseils ont-ils changé en raison du retour de la volatilité et de la remontée des taux d’intérêt ?