Tirelire rose en forme de cochon entourée de points d'interrogation.
Photo : Andriy Popov / 123RF

Le financement public des soins de santé pour les retraités n’est pas aussi généreux que les Canadiens le croient, selon Marcy Ages. Résultat : beaucoup d’entre eux sont mal préparés à assumer les dépenses qu’ils pourraient devoir engager.

La plupart des employeurs « ont de plus en plus tendance à réduire les avantages médicaux qu’ils offrent à leurs employés retraités », relève la vice-présidente du gestionnaire de patrimoine Conseillers T.E., dans un texte mis en ligne la semaine dernière.

« Beaucoup de gens devront prévoir leurs dépenses en santé bien avant qu’ils ne cessent de travailler », souligne-t-elle. Or, seule une minorité de personnes a conscience du problème et agit pour y remédier.

La majorité des Canadiens (74 %) admet ne pas avoir établi de plan pour couvrir les soins de longue durée dont ils pourraient avoir besoin une fois retraités, montre un sondage Léger Marketing réalisé pour le compte de l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes.

Selon Marcy Ages, la plupart d’entre eux « présument que les soins à temps plein dans un établissement de soins de longue durée seront entièrement payés par les régimes de santé publics ». Or, ce n’est pas le cas et ces derniers risquent de ne pas couvrir, ou seulement en partie, l’hébergement dans une maison de soins infirmiers ou tout autre foyer spécialisé. Pour aider les futurs retraités à anticiper ce type de problème, la vice-présidente de Conseillers T.E. dresse une liste de quelques autres types de dépenses « souvent oubliés lors de la planification des besoins en soins de santé à la retraite ».

DÉPART À LA RETRAITE AVANT 65 ANS
Un employé bénéficiant d’un régime de soins de santé avec son employeur verra le coût de ses médicaments partiellement ou entièrement remboursé. Toutefois, s’il prend sa retraite avant l’âge de 65 ans et doit se procurer un médicament qui n’est pas en vente libre, il devra le plus souvent le payer intégralement.

À noter que, selon sa province de résidence, le régime public pourrait quand même lui offrir une certaine couverture. Il pourra par exemple déclarer ces coûts comme frais médicaux sur sa déclaration de revenus, mais pour ce faire, il doit avoir atteint un certain seuil et son crédit d’impôt ne dépassera pas 15 %.

SOINS DENTAIRES ET AUTRES FRAIS

Les résidents du Québec doivent vérifier leur couverture d’assurance médicaments au moment de prendre leur retraite. Attention : certaines démarches peuvent être nécessaires s’ils sont couverts par un régime d’assurance privé et s’ils ont moins de 65 ans.

Depuis cette année, les aînés qui se trouvent dans des centres d’hébergement de soins de longue durée peuvent bénéficier d’un nouveau programme d’accès aux soins dentaires. Toutefois, ce n’est pas encore le cas des personnes de l’âge d’or qui peuvent continuer à vivre chez elles. De même, beaucoup d’autres services médicaux dont un retraité pourrait avoir besoin ne sont pas remboursés par le gouvernement, comme la physiothérapie, la massothérapie et la podologie.

AIDE À LA VIE AUTONOME

« Si nous vivons maintenant plus longtemps, nous ne sommes pas nécessairement plus en santé. Un jour ou l’autre, nous aurons besoin de services de soins auxiliaires, soit à domicile ou dans un logement avec assistance »», explique Marcy Ages. Cependant, les pouvoirs publics ne sont pas disposés à subventionner ce type de dépenses. Les personnes désireuses d’obtenir un certain niveau de soins devront les payer elles-mêmes.

Au Québec, le coût d’hébergement moyen dans un centre de soins de longue durée est d’environ 2 000 dollars pour une chambre individuelle, selon le service Soutien-Étapes vie de la Sun Life. Quant aux frais des soins à domicile, ils varient de trois dollars de l’heure pour la préparation de repas à 85 dollars pour des soins infirmiers spécialisés.

ASSURANCE SOINS DE LONGUE DURÉE

Aujourd’hui, seules quelques compagnies offrent une assurance soins de longue durée et certains critères doivent être remplis pour qu’une réclamation soit acceptée, note Marcy Ages. La plupart des régimes versent des prestations seulement si deux des activités suivantes ne peuvent être effectuées sans aide extérieure : se laver, s’habiller, se déplacer, faire ses besoins et manger.

Une personne ayant besoin d’une surveillance accrue en raison d’une déficience cognitive pourrait également avoir droit à certaines prestations. Toutefois, à l’heure où la population vieillit et plus de gens soumettent des réclamations, « les compagnies d’assurance vont probablement devoir augmenter leurs primes ou leurs exclusions », voire « décider que ce type d’assurance n’est plus rentable » et cesser d’en proposer, estime la dirigeante.

La majorité des Québécois ne détiennent pas d’assurance soins de longue durée, car ils présument que s’ils doivent habiter dans un logement avec assistance, ils pourront payer le coût de cet hébergement avec le produit de la vente de leur maison, note également Marcy Ages.

« Cela pourrait fonctionner pour une personne seule, mais ce n’est pas une solution parfaite dans le cas où l’un des conjoints doit habiter dans un logement avec assistance et l’autre non », indique-t-elle. Le conjoint en santé aura encore besoin de se loger et ce facteur doit donc être pris en compte dans la planification des coûts pour les soins de santé auxiliaires.

« Lorsque vous évaluez vos dépenses à prévoir pour la retraite, souvenez-vous que les coûts de santé pourraient constituer une portion considérable de ces dépenses. Afin de prévoir en conséquence, vous devez connaître l’aide à laquelle vous aurez droit et les dépenses que vous devrez payer vous-même », conclut-elle.

Anticiper certains frais

Le site web Special Benefits Insurance Services présente une liste des services de santé couverts par le gouvernement dans chaque province et territoire. Il est également possible d’en savoir plus sur la planification de la retraite à Canada.ca ou en communiquant avec un conseiller en services financiers pour établir une stratégie de retraite viable.