Tirelire en forme de cochon sur laquelle est posée une étiquette portant le mot "retraite".
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La planification de la retraite et la gestion financière sont deux composantes mal comprises d’un plan financier, tandis que la planification fiscale et successorale sont souvent négligées, affirme Jason Heath.

Planificateur financier et fiscaliste pour Objective Financial Partners, celui-ci déplore ce phénomène dans un article paru dans le Financial Post. En effet, même s’il s’agit d’éléments moins visibles que les placements et l’assurance, ils sont plus importants puisqu’ils conditionnent l’indépendance financière des retraités.

Citant un récent sondage de RBC sur ce thème, Jason Heath rappelle que plus d’un Canadien sur deux (54 %) déclare disposer d’un plan en vue de subvenir à leurs besoins durant leurs vieux jours. Toutefois, relève-t-il, un répondant sur trois ayant indiqué avoir un plan financier reconnaît également que ce plan existe uniquement « dans sa tête ».

Ce qui amène le Pl. Fin. à dresser ce constat : « Non seulement beaucoup de gens n’ont pas de plan financier, mais plusieurs de ceux qui pensent en avoir un sont en réalité dans l’improvisation. Pour certains, ce plan se limite en effet à une proposition de placement d’un vendeur de fonds communs ou à une succession de choix spéculatifs d’actions. »

PLANIFICATION SUCCESSORALE NÉGLIGÉE

Or, souligne Jason Heath, la composante « plan de retraite » de toute bonne planification financière devrait intégrer :

  • les revenus
  • les dépenses
  • les impôts
  • les placements
  • les régimes de pension et de retraite
  • le remboursement des dettes

Ainsi que d’autres répercussions financières futures du consommateur, avec pour objectif de déterminer et de mesurer son degré d’indépendance financière à long terme.

« La gestion financière et la planification de la retraite aident les gens à déterminer leurs objectifs d’épargne personnels, ce qu’ils peuvent se permettre de dépenser et comment organiser au mieux les affaires financières de leur famille, explique le Pl. Fin. Planifier cette étape de la vie permet aussi de quantifier le montant qu’ils devront alors avoir épargné pour subvenir à leurs besoins, en plus de déterminer si l’équilibre risque-rendement de leurs placements peut leur permettre d’atteindre leurs objectifs à long terme. Il s’agit de calculs propres à une situation donnée qu’il est difficile de faire tout seul sur un coin de table, et moins encore dans sa tête. »

Jason Heath note par ailleurs que, pour diverses raisons, la planification successorale est elle aussi souvent négligée dans un plan financier. Un sondage réalisé en 2018 par Angus Reid révélait ainsi que la moitié (51 %) des Canadiens n’avaient pas de testament et que seuls un tiers d’entre eux (35%) avaient un document à jour. Ce qui est regrettable, juge le fiscaliste, car « la planification successorale ne devrait pas se limiter à la simple préparation d’un testament pour cocher une case et dire que c’est terminé ».

LE POIDS DES PLACEMENTS ET DES ASSURANCES

« Dans un contexte de planification financière, il est important de tenir compte de facteurs comme la désignation des bénéficiaires, la propriété conjointe des actifs, les obligations fiscales et les prestations de survivant qui peuvent découler d’un décès, rappelle le Pl. Fin. De la même façon qu’un couple marié peut planifier ensemble sa retraite, il importe de considérer ce qui pourrait arriver si l’un ou l’autre des conjoints décédait prématurément. »

Selon le fiscaliste, il s’agit donc autant d’un exercice de planification financière que d’un exercice de droit successoral.

« La planification financière est encore très axée sur les produits, en particulier les placements et les assurances. Mais un bon plan financier devrait également comprendre la gestion financière et la planification de la retraite, des impôts et de la succession. Posséder des placements et de l’assurance sans aborder les quatre autres aspects d’un plan, c’est comme quitter la maison pour un voyage en voiture sans emporter de carte ou sans avoir de GPS à bord », conclut Jason Heath.