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Une très forte majorité de Québécois aimerait quitter la vie active au plus tard avant 65 ans, l’âge idéal suggéré étant de 61 ans, selon un sondage publié lundi par Question Retraite.

Celui-ci montre en effet que près de six personnes interrogées sur 10 (59 %) souhaiteraient pouvoir franchir ce cap entre 60 et 65 ans, tandis que 28 % désireraient arrêter de travailler avant l’âge de 60 ans. Soit un total de 87 %!

A contrario, seuls 10 % des sondés se disent prêts à rester à l’emploi plus tardivement, et 3 % se disent même prêts à ne jamais cesser de travailler, faute de moyens financiers. Pour plus d’un répondant sur deux (52 %), la principale raison évoquée pour expliquer ce choix est l’envie de profiter pleinement de la retraite et d’être encore en assez bonne santé pour le faire. C’est la raison pour laquelle un tiers des travailleurs concernés aimerait profiter du Régime de rentes du Québec avant l’âge de 65 ans, même si cela implique des pénalités.

Le sondage révèle également qu’un peu plus du tiers (35 %) des 45-64 ans ne croient pas être en mesure de prendre leur retraite à l’âge qu’ils jugent idéal, soit 61 ans. Parmi eux, 73 % l’expliquent par des considérations financières : 56 % indiquent qu’ils risquent de manquer de ressources, tandis que 9 % souhaitent amasser davantage d’argent en vue de subvenir à leurs vieux jours. De leur côté, les autres répondants invoquent plutôt un choix de vie.

Les trois principales raisons qui laissent espérer à 59 % des personnes interrogées qu’elles pourront quitter la vie active entre 60 et 65 ans sont, dans l’ordre :

  1. le fait qu’elles possèdent suffisamment d’épargne et de placements (23 %);
  2. qu’elles ont planifié cette partie de leur existence pour la commencer à cet âge-là;
  3. qu’elles jouissent d’une bonne situation financière (9 %).

PIGER DANS SES ÉCONOMIES PLUS TÔT?

L’enquête d’opinion relève par ailleurs qu’une écrasante majorité (96 %) de répondants compte sur les rentes gouvernementales qu’ils percevront à la retraite pour financer leur train de vie. Viennent ensuite, dans l’ordre :

  • les régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) collectifs ou les fonds enregistrés de revenu de retraite (68 %);
  • les régimes de retraite d’employeurs ou régimes volontaires d’épargne-retraite (60 %);
  • l’épargne personnelle non enregistrée (49 %);
  • les comptes d’épargne libre d’impôt (CELI, 45 %);
  • et les investissements immobiliers (8 %).

Afin de pouvoir profiter pleinement de la vie alors qu’ils sont encore en bonne santé, nombre de sondés se disent prêts à piger dans leur épargne-retraite avant l’âge légal du départ de la vie active. Parmi les travailleurs de 45-64 qui pensent recevoir de l’argent à la retraite provenant d’un REER, d’un CELI ou d’une épargne personnelle non enregistrée, les choix sont les suivants :

  • 19 % pensent commencer à utiliser leur épargne avant la rente qui leur sera versée par le Régime de rentes du Québec (RRQ);
  • 38 % prévoient le faire en même temps qu’ils percevront la rente du RRQ;
  • une proportion quasiment identique (37 %) après qu’ils auront commencé à toucher cette rente;
  • et 6 % se disent sans opinion à ce sujet.

Le sondage constate enfin que plus de la moitié (52 %) des travailleurs interrogés ont commencé à épargner pour la retraite dès l’âge de 30 ans ou moins. En incluant ceux qui ont débuté vers 40 ans ou auparavant, la proportion de consommateurs préparés à subvenir à leurs besoins financiers durant leurs vieux jours atteint 76 %, un niveau que Question Retraite juge « encourageant ».

DES VISIONS DE LA RETRAITE TRÈS DIVERSES

« Ces résultats confirment l’importance de bien accompagner les Québécois dans la planification de leur retraite afin qu’ils en profitent à la hauteur de leurs ambitions. Les gens doivent bien comprendre que plus ils veulent prendre leur retraite tôt, plus ils devront compter sur leur épargne personnelle pour continuer à mener une vie stimulante », commente dans un communiqué publié lundi Nathalie Bachand, Pl. Fin. et présidente de Question Retraite.

Ce désir affiché de vouloir « profiter pleinement » des années de retraite se reflète dans les termes que plusieurs sondés ont choisi pour la définir : « liberté », « bonheur », « tranquillité d’esprit », etc. Malgré tout, souligne Question Retraite, près d’un Québécois sur six (17 %) définit cette période de son existence de façon négative en y associant des mots tels que « difficile », « inquiétude », « incertitude » ou « pauvreté ».

« Nous ne le répèterons jamais assez : la retraite, ça se prépare et ça se planifie, tant financièrement que psychologiquement. Une bonne planification aura assurément un effet bénéfique et diminuera les appréhensions négatives. Les gens doivent également réaliser qu’ils ne sont pas seuls et que plusieurs professionnels peuvent les aider à se donner les conditions gagnantes pour profiter pleinement de cette étape importante de la vie », conclut Nathalie Bachand.

Le sondage a été réalisé par SOM, en collaboration avec Retraite Québec. Les données ont été recueillies entre le 17 juin et le 16 juillet auprès de 1 603 travailleurs québécois âgés de 45 à 64 ans. La marge d’erreur est de 2,7 %.