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Dans un récent article du Financial Post, le chroniqueur et président de Steadyhand Investment Funds, Tom Bradley, revient sur le peu de cas que font bien des gens de l’épargne-retraite.

Il s’étonne du peu d’effort que mettent les investisseurs ordinaires à se construire un portefeuille adéquat et à le gérer. L’épargne-retraite accumulée décidera en grande partie de la qualité des dernières décennies de la vie des épargnants. Or, les gens continuent d’agir comme s’il ne s’agissait pas d’une question importante. 

GÉNIE DU POOL, CANCRE DU PORTEFEUILLE

Ils suivent au jour près leur performance dans des pools de hockey (certains se livrent d’ailleurs à des analyses statistiques impressionnantes pour avoir l’honneur de vaincre leurs camarades), mais n’ont aucune idée de la performance de leur portefeuille, déplore le chroniqueur. De la même manière, ils changeront rapidement de coiffeur ou d’entraîneur de golf, mais resteront des années avec un professionnel du conseil financier en lequel ils n’ont plus confiance. 

TROP LOIN POUR Y PENSER

Pourquoi cette apparente indifférence? Tom Bradley rappelle que la récompense pour l’attention portée dès maintenant à ses placements ne se manifestera pas avant plusieurs années, voire plusieurs décennies. Les gens sont pris par le quotidien, même si en comparaison il apparait moins important.

De plus, il croit que les gens ne voient pas nécessairement les effets à long terme de contributions régulières au CELI ou au REER. En effet, la conséquence de cet épargne ne se manifestera qu’avec l’accumulation sur plusieurs années et les intérêts composés. 

Il avance également que les frais que l’investisseur paie sont noyés dans les grands mouvements du marché. En voyant que le TSX grimpe ou chute de 15 % rapidement, l’investisseur en vient à négliger une différence d’un point de pourcentage dans ses frais de gestion. Pourtant, celle-ci aura un effet considérable à long terme.

Il avoue aussi que l’investissement est un domaine complexe. Il est difficile de se faire une idée sur la qualité d’un titre ou d’un autre outil de placement. D’autant plus, ajoute-t-il, que les professionnels des services financiers tendent à compliquer les choses en utilisant un vocabulaire parfois très technique, qui tient plus du jargon que de la vulgarisation.

LES PETITS PAS

Des barrières qui ne seraient toutefois pas insurmontables, selon le chroniqueur, à condition d’y aller par étape. Il suggère tout d’abord aux investisseurs de prendre le temps de regarder attentivement tous les relevés de placement qu’ils reçoivent, au moins une fois l’an. 

  • Quel est le total des actifs?
  • Si on sépare les actifs en trois catégories (liquidités et certificats de placement garantis, obligations et actions), de quoi a l’air l’allocation d’actif?
  • Quel rendement avez-vous obtenu depuis 1, 5 et 10 ans?
  • Combien payez-vous de frais?

Une autre bonne idée serait de consulter un professionnel des conseils financiers au moins une fois par année et d’assister à des présentations sur les placements et l’épargne. Il n’est jamais trop tard pour apprendre.

QUAND LA VOITURE TUE L’ÉPARGNE

Dans le Globe and Mail, Rob Carrick s’en prend de son côté à une dépense qui selon lui tue l’épargne et l’accumulation de patrimoine : les paiements de voiture.

Il déplore que de plus en plus de gens choisissent des options de financement d’une durée de huit ans ou plus. Selon J.D. Power, le remboursement moyen d’un prêt automobile au Canada avoisine les 630 dollars par mois. Pas étonnant, tonne le chroniqueur, que certains ne trouvent pas d’argent pour épargner.

Il suggère d’abord d’acheter une voiture moins coûteuse. Mais il y a aussi d’autres manières de limiter les retombées du paiement automobile sur le budget familial :

  • Une dette à la fois. Essayez d’éviter de rembourser deux prêts autos à la fois.
  • Plafonner la durée du remboursement. À une certaine époque, il était difficile d’obtenir un prêt auto sur plus de cinq ans. Cette limite reste très pertinente aujourd’hui.
  • Paiements maximaux. En fonction du budget familial, choisir une voiture dont le coût ne limite pas la capacité d’épargner pour la retraite ou pour l’éducation postsecondaire des enfants.

Vous arrive-t-il de grincer des dents en voyant certaines dépenses que font vos clients?