homme d'affaires tenant une tirelire dans chaque main, une grande et une petite.
Photo : Ian Allenden / 123RF

Même s’ils vivent dans le même pays, les Canadiens sont loin d’être égaux en matière de capacité d’épargne, confirme un sondage publié mardi par BMO.

Celui-ci montre en effet qu’un répondant sur quatre (25 %) n’a pas mis d’argent de côté en 2018, tandis que, à l’inverse, 15 % ont réussi à économiser plus de 10 000 dollars. Une bonne nouvelle, cependant : plus de la moitié des sondés (52 %) prévoient « sans aucun doute » d’épargner cette année, et un tiers d’entre eux (31 %) estiment qu’ils pourraient amasser jusqu’à 10 000 dollars.

L’enquête d’opinion révèle également que certains particuliers disposent d’un montant d’épargne assez substantiel, puisque 29 % des personnes interrogées affirment détenir à ce titre plus de 100 000 dollars.

LE SURENDETTEMENT FAIT DES DÉGÂTS

En revanche, environ un Canadien sur 10 (12 %) pense qu’il ne pourra rien épargner cette année, alors que plus d’un tiers (36 %) ignorent combien ils pourront mettre de côté… s’ils arrivent à le faire. BMO relève que plusieurs obstacles peuvent les empêcher de passer à l’acte. Ainsi, les deux tiers d’entre eux (67 %) dépensent trop pour être capables de « sauver » de l’argent en vue de leur retraite, par exemple.

De même, près de la moitié (45 %) font du « rattrapage » et remboursent leurs dettes en priorité. Enfin, 37 % des membres de la génération du millénaire citent les « pressions sociales » comme étant également un obstacle à leur capacité d’épargne.

Selon le service Études économiques de BMO, le fardeau de crédit des Canadiens au pays a augmenté de façon inattendue au troisième trimestre de 2018, le ratio de la dette des ménages sur le revenu disponible atteignant un niveau quasi record de 173,8 %. Pendant ce temps, avec les taux d’intérêt à la hausse, les paiements en crédit commencent désormais à gruger une part substantielle du chèque de paie. Résultat, le ratio du service de la dette des ménages (intérêts et capital exprimés en pourcentage du revenu disponible) a bondi à 14,5 %, 7,22 % du revenu étant destiné aux seuls paiements d’intérêts, soit le pourcentage le plus élevé depuis sept ans.

BMO note toutefois que le fardeau de la dette s’allège pour plusieurs Canadiens grâce au ralentissement du crédit des ménages, précisant que celui-ci « connaît actuellement son taux d’augmentation le plus faible en 35 ans ».

« Comme les consommateurs devraient dépenser au taux le plus faible en raison de la hausse des taux d’intérêt et du durcissement des règles en matière de prêt hypothécaire, le ratio d’endettement devrait se stabiliser sinon diminuer légèrement » cette année, commente Sal Guatieri, économiste principal à BMO. « Il n’y a pas de meilleur moment pour resserrer les cordons de la bourse que lorsque les taux d’intérêt augmentent », souligne-t-il.

ÉPARGNER À COURT OU À LONG TERME?

« La conjoncture exerce une certaine pression sur les finances des Canadiens, ce qui les empêche de mettre davantage l’accent sur l’épargne régulière. Cependant, il est encourageant de savoir qu’ils entament l’année 2019 en ayant l’épargne comme priorité. En effet, il est primordial de mettre de l’argent de côté, quel qu’en soit le montant. L’une des meilleures façons de commencer à le faire est de dresser un plan complet prenant en compte ses revenus et ses dépenses, ainsi que les objectifs qu’on veut atteindre à long terme et à court terme. Une fois ce plan en place, il devient beaucoup plus facile de commencer à s’engager dans une dynamique d’épargne », explique Carola Corti, directrice, Services bancaires courants à BMO.

Le sondage examine par ailleurs la façon dont les Canadiens souhaitent utiliser leur épargne, du moins quand ils en ont. Alors que certains pensent piger dedans au cours des prochains mois, d’autres ont une vision à plus long terme. Parmi les premiers, 47 % envisagent d’employer cet argent pour voyager ou partir en vacances, tandis que 20 % prévoient rénover leur domicile et que 15 % le réservent pour pratiquer des activités saisonnières. Parmi ceux qui essaient d’épargner à long terme, 36 % le font en vue de la retraite, même s’ils sont bien conscients du fait que cela ne suffira pas à leur permettre de subvenir à leurs besoins. Enfin, 36 % réservent cet argent en cas d’urgence.

Le sondage a été effectué en ligne par Pollara Strategic Insights entre le 10 et le 14 janvier auprès d’un échantillon de 1000 personnes d’un océan à l’autre. Ses données ont été pondérées en fonction de l’âge, du sexe et de la région et sa marge d’erreur est de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20.