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Les grands fonds de pension du Canada ne déploient pas tous la même énergie pour lutter contre les changements climatiques. Les notes que leur attribue l’organisme de surveillance Shift varient de B+ à D-, selon le Financial Post.

L’organisme, qui suit la façon dont les régimes de retraite abordent le changement climatique dans leurs investissements, a évalué dans un rapport récent les politiques des principaux fonds de pension canadiens dans le domaine, en fonction de la crédibilité de leurs objectifs et des meilleures pratiques internationales.

L’organisme a constaté « un écart important » entre les plus grandes caisses de retraite du Canada, qui gèrent au total plus de 4 000 milliards de dollars (G$), en ce qui concerne « l’urgence, le détail, la transparence et l’ambition de la gestion des risques liés au climat ».

« Certains (investisseurs) dans le secteur des pensions canadiennes s’accrochent à ce qu’il appelle une croyance infondée selon laquelle les investissements continus dans le pétrole et le gaz font partie d’une transition énergétique », a déclaré Adam Scott, directeur exécutif de Shift.

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a reçu un B+, la meilleure note, en raison de ses objectifs d’augmentation des investissements dans les solutions climatiques.

Le groupe d’experts a également distingué la CDPQ comme le seul fonds de pension à avoir « suivi les conseils d’experts pour éliminer progressivement les investissements dans les combustibles fossiles à haut risque ».

Rappelons que la CDPQ, qui gère un bas de laine de quelque 392 G$ pour les Québécois, s’était engagée à vendre la totalité de ses 4 G$ d’actifs dans les producteurs de pétrole d’ici la fin de 2022.

Le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario et le Régime de retraite des universités de l’Ontario (RREO) reçoivent aussi une bonne note en raison de leurs objectifs à court et à moyen terme en matière de réduction des émissions.

Ils ont notamment fixé des attentes claires pour que les sociétés du portefeuille alignent leurs modèles d’affaires sur des trajectoires de 1,5 degré Celsius et ont commencé à exclure les investissements à haut risque dans les combustibles fossiles.

Ces trois régimes de retraite ont été les seuls à recevoir une note globale de B ou plus. Il s’agit de la note la plus basse attribuée à quatre fonds internationaux utilisés par Shift à des fins de comparaison, dont le National Employment Savings Trust (NEST) au Royaume-Uni et Andra AP-Fonden (AP2), qui fait partie du système de retraite national suédois.

Le gestionnaire de pension le moins bien classé, avec une note globale de C-, est l’AIMCo de l’Alberta. Le régime « n’a même pas fixé un objectif climatique de base aligné sur la science », soulève Shift. L’Office d’investissement du régime de pensions du Canada se retrouve quant à lui en milieu de classement.

Le think tank rapporte que les deux régimes plaident en faveur de l’investissement dans les nouvelles technologies et les innovations afin de tirer parti des avantages du pétrole et du gaz tout en assurant la transition vers des actifs et des opérations à moindre intensité de carbone.

En ce qui concerne les fonds situés plus bas dans son classement, Shift a fait valoir que « les bénéficiaires de ces pensions devraient s’inquiéter de la vulnérabilité de leur épargne-retraite aux risques liés au climat ».

Le rapport conclut que les gestionnaires de fonds de pension canadiens doivent faire beaucoup plus d’efforts pour respecter leurs obligations fiduciaires d’investir afin d’assurer l’intérêt à long terme des membres.