Femme qui regarde un écran où s'affiche graphiques et tableaux boursiers.
Photo : Laurence Dutton / iStock

Les caisses de retraite du secteur public aux États-Unis investissent massivement dans les placements privés au point d’ignorer les risques et les coûts inhérents à ces investissements, rapporte Avantages

Selon la société d’analyse Prequin, elles ont alloué en moyenne 8,9 % de leur actif total dans le capital-investissement en 2021, soit 480 milliards de dollars américains (G$ US). Le Wall Street Journal rapportait en 2018 qu’elles avaient investi environ 300 G$ US.

La tendance se manifeste alors que les caisses de retraite sont confrontées à des « déficits colossaux » se chiffrant en centaines de milliards de dollars en raison de sous-capitalisation et de mesures d’austérité gouvernementale. De là la décision d’accroître le niveau de risque de leur portefeuille pour obtenir des rendements plus élevés que ceux provenant des marchés publics.

Le capital-investissement a enregistré l’an dernier des rendements spectaculaires de l’ordre de 54%, selon la société d’analyse Burgiss. Et ces résultats n’incluent pas le capital de risque.

Parmi les autres types d’actifs, les investisseurs institutionnels ont montré un engouement pour les infrastructures, les ressources naturelles et la dette privée ces dernières années. Ils représentent toutefois moins de la moitié des capitaux alloués au capital-investissement dans les portefeuilles des régimes de retraite américains. Quant aux investissements dans l’immobilier et les fonds de couverture, ils sont en légère baisse depuis trois ans.

PERFORMANCE À LA BAISSE

Les rendements avantageux des placements privés pourraient bien s’estomper ces prochaines années. Au cours de la dernière décennie, le rendement obtenu par les placements privés a été le même que celui de l’indice phare des marchés boursiers américains, soit 14,8 %.

Mais les coûts et les risques associés au capital-investissement ont augmenté au cours des dernières années. Profitant de taux d’intérêt historiquement bas, les sociétés de capital-investissement se sont endettées dans des proportions record pour réorganiser les entreprises qu’elles achètent. Quant aux dépenses inhérentes à la création de fonds de capital-investissement, elles ont doublé au cours de la dernière décennie.

La compétition est de plus en plus forte entre les investisseurs pour mettre la main sur les meilleures occasions, ce qui créerait un climat propice à la prise de trop grands risques, craint Gary Gensler, président de la Securities and Exchange Commission (SEC). Dans un récent discours, il s’est d’ailleurs demandé si les caisses de retraite disposaient « de toutes les informations cohérentes et comparables dont elles ont besoin pour prendre des décisions d’investissement éclairées. »