Des bras d'hommes et de femmes d'affaire, le pouce en l'air.

Le 7 octobre dernier, Éric Girard, le ministre des Finances du Québec, a déposé le projet de loi 68 qui donne le droit aux employeurs québécois de mettre en place des régimes de retraite à prestations cibles (RRPC).

« Le Québec fait un pas supplémentaire pour favoriser l’épargne privée, l’un des piliers de notre système de revenu de retraite. Ce projet de loi offrira une nouvelle option de régime de retraite adaptée aux réalités d’aujourd’hui, et ce, au bénéfice des travailleurs et des employeurs », a commenté le ministre.

Entre le régime à prestations déterminées et le régime à cotisation déterminée, le RRPC garantit aux participants une rente jusqu’à leur décès, qui peut toutefois varier en fonction de l’évolution de la situation financière du régime; et la cotisation versée par l’employeur dans le régime reste fixe.

Même si ce projet devait à l’origine être déposé le printemps dernier, comme on pouvait le lire en nos pages en novembre 2019, la nouvelle est bien accueillie par plusieurs organismes et syndicats.

D’EXCELLENTES RÉACTIONS

C’est avec enthousiasme que la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a accueilli, en commission parlementaire, un projet de loi qui permettra notamment la création de régimes de retraite à prestations cibles.

La vice-présidence de l’organisme syndical, Caroline Senneville, indique qu’« il est clair pour nous que les régimes de retraite à prestations déterminées demeurent le meilleur véhicule d’épargne pour les travailleuses et les travailleurs. Mais malheureusement, ils ne sont pas accessibles à tous. En ce sens, les membres que nous représentons doivent avoir différentes possibilités qui répondent à la réalité de leur milieu de travail. »

Toujours à l’étape du projet de loi, cette nouvelle initiative aurait intérêt à devenir loi rapidement, selon Michel Desbiens, président du Syndicat national des employés de l’aluminium de Baie-Comeau, ajoutant qu’elle « permettra enfin aux syndicats affiliés à la CSN qui, comme nous, ont négocié de tels régimes de retraite au cours des derniers mois, de mettre en application leurs ententes. »

De tels régimes permettent de partager les risques économiques et ceux liés à la longévité, ce qui en fait leur intérêt selon la centrale. « Ils favorisent une mise en commun de plusieurs groupes de travailleuses et de travailleurs tout en respectant l’équité entre les différentes générations de cotisants au régime. Les mécanismes de financement et d’ajustement des prestations définis dans le projet de loi permettent d’établir un régime qui vise la sécurité et la stabilité des prestations », comme on peut le lire dans le communiqué.

Présente à cette commission parlementaire, la CSN s’est fait un devoir de rappeler aux participants et participantes présents qu’une majorité de Québécois en situation d’emploi « n’ont pas accès à un régime de retraite adéquat et que des iniquités importantes perdurent en matière de revenus accessibles à la retraite, notamment envers les femmes et les travailleurs autonomes. » L’accès à une retraite équitable pour tous est, pour la centrale, un projet toujours en devenir.