Sauvé de la noyade.
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Le déficit d’épargne des Canadiens n’est pas seulement dû à de la procrastination ou de la nonchalance face à la planification de la retraite. Les aléas de la vie y sont également pour quelque chose.

Une recherche publiée en novembre dernier par le National Bureau of Economic Research (NBER), un organisme de recherche américain, a démontré que l’indiscipline n’est généralement pas le principal obstacle à l’épargne. En fait, ce sont les risques inévitables, ou à tout le moins difficilement évitables, qui seraient les plus grands freins à l’épargne.

Les deux tiers des participants à l’étude, des retraités âgés entre 60 et 80 ans, qui indiquent regretter de ne pas avoir mis davantage d’argent de côté citent les chocs, tels un divorce, une maladie ou un licenciement, comme étant les principaux responsables de leur déficit d’épargne-retraite.

« Ces résultats suggèrent qu’une surprise inattendue à une ou deux reprises au cours de la vie active est davantage à blâmer que le simple fait de ne pas épargner suffisamment sur chacun des chèques de paie », écrit le planificateur financier certifié Jason Heath dans le Financial Post.

L’ESSENTIELLE ASSURANCE INVALIDITÉ

En ce qui concerne les problèmes de santé, la meilleure façon de se protéger consiste à souscrire une assurance invalidité, dit-il. Il faut aussi mentionner que cette étude a été menée aux États-Unis. Les conséquences financières d’une maladie ne sont pas les mêmes pour les Canadiens, qui bénéficient d’un système de santé universel et gratuit.

Il est en revanche plus difficile de se prémunir contre un licenciement ou un divorce. Les indemnités de départ et l’assurance-emploi ne suffisent généralement pas pour maintenir le même niveau d’épargne. Et un assureur américain a beau avoir pour projet de lancer une « assurance mariage », il est assez difficile de se protéger des conséquences financières d’un divorce.

L’étude du NBER suggère que tous les plans d’épargne-retraite devraient inclure une marge pour les événements négatifs et inattendus qui risquent de survenir au cours de la vie des épargnants. La constitution d’un fonds d’urgence suffisamment garni devrait également être une priorité.

PRÉVOIR LE PIRE

Beaucoup d’individus vivront certes des « chocs financiers positifs », mais Jason Heath souligne qu’il est bien plus facile de dépenser une entrée de fonds inattendue que de remédier aux carences.

« La façon la plus rationnelle de planifier sa retraite consiste à espérer le meilleur, mais à prévoir le pire. Si vous êtes chanceux et que le pire n’arrive jamais, vous aurez toujours la possibilité de prendre votre retraite plus jeune, de dépenser davantage ou encore de laisser un plus gros héritage à vos enfants », conclut-il.

Au troisième trimestre de 2018, le taux d’épargne des ménages a péniblement atteint 0,8 % des revenus au pays. En 1983, ce taux était de 7,3 %. Un récent sondage de TD révélait que 66 % des Canadiens regrettent de ne pas avoir commencé à mettre de l’argent de côté plus tôt.