Femme âgée pensive, tenant une tasse de thé et regardant par la fenêtre.
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Les Canadiennes sont moins bien préparées à la retraite sur le plan financier que leurs compagnons, au point qu’une sur deux redoute de ne pas avoir assez d’argent pour couvrir ses frais médicaux à ce stade de la vie, selon des données publiées mardi par HSBC.

Dans deux rapports intitulés L’avenir de la retraite : le coût du vieillissement  et Les femmes et la retraite, basés sur un sondage international mené pour le compte de la banque, HSBC indique que 50 % des femmes encore en âge de travailler craignent de manquer de fonds pour se soigner durant leurs vieux jours, comparativement à 43 % des hommes.

Le sondage montre en outre que les deux cinquièmes des répondantes au pays (44 %) pensent qu’elles risquent d’avoir de la difficulté à payer les biens de première nécessité une fois qu’elles auront quitté le marché du travail, contre 37 % de leurs homologues masculins.

MOINS BIEN RENSEIGNÉES EN MATIÈRE DE FINANCES

Les préoccupations des femmes en âge de travailler concernant leur avenir financier sont avant tout liées à des inquiétudes relatives à leur état de santé à long terme. Ainsi, près de la moitié des sondées canadiennes (48 %) ont peur de ne pas disposer d’un revenu suffisant pour payer les biens de première nécessité advenant une retraite anticipée, la leur ou celle de leur conjoint, en raison de la maladie (par rapport à 40 % des hommes).

Si le pire devait se produire et que leur conjoint décédait, 42 % des répondantes qui sont encore sur le marché du travail craignent d’avoir du mal à se débrouiller financièrement, contre seulement 30 % des hommes. Or, souligne HSBC, cette crainte reflète la réalité : comparativement aux hommes, les femmes déjà retraitées sont en effet un peu plus nombreuses à prévoir compter sur le revenu ou la pension de leur compagnon (43 % des femmes contre 39 % des hommes) et à devoir compter sur le soutien financier de leurs enfants (16 % des femmes contre 6 % des hommes).

Plus de la moitié des Canadiennes en âge de travailler (51 %) affirment par ailleurs ignorer combien elles épargnent pour leur retraite ou indiquent qu’elles n’ont pas encore commencé à économiser, par rapport à 46 % des femmes en âge de travailler à l’échelle mondiale. Autre donnée inquiétante, près des deux cinquièmes des sondées au pays (38 %) et le quart de leurs homologues à l’échelle mondiale (26 %) avouent ne pas savoir quelle proportion de leur revenu il leur faudra une fois à la retraite pour vivre confortablement, contre 23 % des hommes au Canada et 18 % à l’échelle mondiale. De même, près de quatre Canadiennes sur 10 (38 %) se disent moins bien renseignées en matière de finances que leurs compagnons (53 %).

BESOIN D’UNE RÉSERVE D’ARGENT PLUS IMPORTANTE

« En ce qui concerne la participation au marché du travail, le fossé entre les femmes et les hommes a été largement comblé, celle-ci étant à peu près égale. Mais pour ce qui est du financement et de la planification de la retraite, il y a encore du travail à faire pour assurer aux femmes retraitées une sécurité et un confort équivalents à ceux des hommes », souligne Cindy Wong, responsable en chef du marketing, services bancaires de détail et gestion de patrimoine à HSBC Canada.

Parmi les facteurs à l’origine de cette situation, l’institution financière mentionne entre autres le fait que les femmes sont encore nettement plus nombreuses que les hommes à interrompre leur carrière pour s’occuper des enfants. Résultat : plus de 62 % des mères canadiennes en âge de travailler ont pris un congé parental, contre seulement 22 % des pères, tandis que 33 % d’entre elles ont réduit leurs heures de travail, par rapport à 21 % de leurs partenaires masculins.

« Le fait est que les Canadiennes interrompent leur carrière pour avoir des enfants et prendre soin de leur famille. Cela se répercute non seulement sur leurs revenus actuels potentiels, mais aussi sur leurs revenus futurs. De plus, en règle générale, les femmes vivent plus longtemps que les hommes, si bien qu’elles ont besoin d’une réserve d’argent plus importante pour la retraite, et que cette réserve est créée à partir de moins de revenus », conclut Cindy Wong.

Le sondage a été mené en ligne par Ipsos MORI en novembre et décembre 2018 auprès de quelque 17 400 personnes (dont 1 005 Canadiens) réparties dans 16 pays et territoires : Argentine, Australie, Canada, Chine, Émirats arabes unis, États-Unis, France, Hong Kong, Inde, Indonésie, Malaisie, Mexique, Royaume-Uni, Singapour, Taïwan et Turquie.