Jeunes adultes et leurs parents.
Photo : Cathy Yeulet / 123RF

Un sondage réalisé pour RBC démontre que bien des parents tentent de financer leur retraite tout en soutenant financièrement leurs enfants adultes. Ce n’est pas toujours une recette de succès.

La quasi-totalité (96 %) des parent canadiens qui ont répondu au sondage de RBC sur les finances familiales rapportaient avoir soutenu financièrement leurs enfants âgés de 18-35 ans. Près de la moitié (48 %) financent encore leurs enfants âgés entre 30 et 35 ans. Au Québec, 94 % des parents financent leurs enfants de 18-35 ans.

DES MILLIERS DE DOLLARS ANNUELLEMENT

En moyenne, les Canadiens qui soutiennent leurs enfants de 18-35 ans y consacrent 5 623 dollars par année. Entre 30 et 35 ans, ce montant diminue à 3 729 dollars annuellement. Les coûts d’éducation (69 %) et les dépenses quotidiennes comme l’hypothèque, le loyer ou le câble (65 %) constituent le gros de ces dépenses. Plus étonnant, 58 % des répondants ont financé le téléphone cellulaire de leurs enfants adultes. 

On constate qu’au Québec, la proportion de parents qui ont soutenu financièrement l’éducation de leurs enfants est de 71 %, donc plus élevée que la moyenne nationale. C’est l’inverse pour les dépenses courantes et les abonnements de téléphonie cellulaire. Avec des proportions de 59 % et de 46 %, les parents Québécois se retrouvent dans les deux cas nettement sous la moyenne nationale.

Les montants dépensés varient aussi par région. Au Québec, la moyenne est de 3 986 dollars, la plus faible après les provinces maritimes. La Colombie-Britannique est la province où les parents dépensent le plus pour leur progéniture, à 6 818 dollars par année. Toutefois, au Québec, les parents dépensent plus que la moyenne nationale pour les enfants âgés entre 30 et 35 ans (3 901 dollars par année).

INQUIETS POUR LEUR RETRAITE

Les parents canadiens ne se plaignent pas, mais s’inquiètent tout de même un peu. En effet, si 88 % d’entre eux affirment être heureux d’aider leur progéniture, plus d’un tiers (36 %) se font du souci quant à l’incidence de cette dépense sur leur épargne-retraite. Un tiers croient que cela pourrait retarder leur départ à la retraite.

Au Québec, 92 % des répondants dans cette situation se réjouissent de financer leurs enfants. Seulement 22 % s’inquiètent de l’incidence sur leur retraite et 21 % croient que cela retardera leur départ à la retraite. 

METTRE CARTES SUR TABLE

« Faire passer ses enfants en premier fait partie de la nature humaine, mais lorsque vient le temps d’équilibrer des besoins financiers, le meilleur conseil est de prendre une pause et de jeter un œil à l’ensemble du portrait financier », soutient Rick Lowes, vice-président, segment retraite de RBC. 

Il suggère aux parents d’avoir une conversation franche avec les enfants adultes au sujets des finances, de la planification financière et des attentes de chacun. Cela permet de tenir compte des objectifs de retraite des parents dans le portrait global des besoins financiers.

La plupart des parents (85 %) croient que leurs enfants tentent de devenir indépendants financièrement, mais ils sont aussi d’avis (86 %) que c’est très difficile pour les jeunes de joindre les deux bouts dans le monde d’aujourd’hui. Un peu plus de la moitié (53 %) soutiennent que leurs enfants peinent à y arriver.

Encore ici, le Québec fait bande à part. Seulement 33 % des répondants affirment que leurs enfants peinent à devenir indépendant financièrement, contre 62 % en Colombie-Britannique et 59 % en Alberta et en Ontario. Le coût de la vie, notamment les prix de l’immobilier, n’y est probablement pas étranger. 

Certains de vos clients se retrouvent-ils dans cette position difficile? Que leur conseillez-vous?

Le sondage a été réalisé par Léger du 26 octobre au 9 novembre 2018, auprès de 1 004 parents canadiens de plus de 35 ans. La marge d’erreur et de 2,2 points de pourcentage, 19 fois sur 20.