Femme déposant une pièce de monnaie dans un portefeuille.
Photo : Yulia Grogoryeva / 123RF

En lançant le CELI en 2009, Ottawa voulait aider les Canadiens à faible revenu à optimiser leur épargne-retraite. Dix ans plus tard, force est de constater que cet objectif n’a pas vraiment été atteint.

Selon une étude réalisée par l’Institut de recherche en politiques publiques, de trop nombreux bas salariés laissent de l’argent sur la table en cotisant à un REER, alors que le CELI serait beaucoup plus avantageux pour eux.

Rappelons que les retraits effectués dans un CELI n’ont aucune incidence sur l’admissibilité aux prestations et crédits fondés sur le revenu. À l’inverse, les économies investies dans un REER sont contreproductives pour les futurs retraités moins nantis, puisqu’une grande partie de leur épargne enregistrée sera récupérée directement par l’impôt et indirectement par une réduction des prestations du Supplément de revenu garanti (SRG).

« Comme on conseille rarement aux futurs bénéficiaires du SRG de délaisser leur REER, beaucoup continuent d’y cotiser inutilement », déplore Richard Shillington, statisticien et auteur de l’étude.

LA SOLUTION NE PASSE PAS PAR LA HAUSSE DU PLAFOND

Depuis 2008, seuls 36 % des travailleurs sans régime de retraite d’employeur ont ainsi ouvert un CELI. Vu ses avantages potentiels pour les aînés à faible revenu, les Canadiens qui sont admissibles au SRG devraient pourtant privilégier le CELI au lieu de conserver leurs REER. Au moment de sa création, le gouvernement croyait d’ailleurs qu’il serait nettement plus populaire.

L’étude met de l’avant plusieurs solutions pour augmenter le taux d’adoption du CELI chez les Canadiens à faible revenu, notamment la création d’un « crédit à l’épargnant ». Celui-ci pourrait fonctionner un peu à la manière des subventions gouvernementales dans les REEE, propose M. Shillington. Pour chaque dollar cotisé à un CELI, un épargnant à faible revenu aurait par exemple droit à une cotisation de contrepartie de 25 ou 50 cents de la part du gouvernement, jusqu’à l’atteinte d’un certain plafond.

Certains sont plutôt d’avis que la meilleure façon d’améliorer le CELI est d’augmenter le plafond de cotisation. Mais selon l’étude, cela ne ferait qu’augmenter les disparités entre les épargnants à haut revenu et ceux à faible revenu. En 2015, une étude du Directeur parlementaire du budget avait conclu que d’augmenter le plafond de cotisation du CELI à 11 000 $ bénéficieraient dix fois plus aux ménages bien nantis qu’aux ménages à faible revenu.