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Pendant que la population mondiale souffre et s’effraie, les fraudeurs et cybercriminels, eux, s’amusent. Les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) lancent donc un appel à la prudence destiné aux investisseurs. 

Signe que la menace est bien réelle, il s’agit de la deuxième alerte en une semaine émise par l’AMF à ce sujet. L’Autorité met cette fois les investisseurs en garde contre des entreprises qui prétendent offrir des produits ou des services pouvant prévenir, dépister ou soigner une infection au coronavirus (COVID-19). 

MANIPULATION DE MARCHÉ

Des arnaqueurs s’appuieraient notamment sur des petites sociétés « coquilles » cotées en Bourse pour se livrer à des stratagèmes de manipulation du marché. Dans son communiqué, l’Autorité explique davantage de quoi il en retourne : 

  • Les sociétés frauduleuses dont les actions sont cotées en cents peuvent rendre publique de l’information limitée ou fausse sur l’équipe de direction, leurs produits ou services et leurs finances;
  • Les fraudeurs diffusent de l’information positive, bien que fausse, qui incite les investisseurs à acheter des actions. Ils procèdent notamment au moyen de communiqués tapageurs, des médias sociaux ou de campagnes de promotion menées par l’entremise d’autres personnes, sociétés ou sites Web. Plus le nombre d’investisseurs achetant des actions est élevé, plus le cours de l’action gonfle;
  • Les fraudeurs liquident ensuite leurs actions rapidement avant que le battage médiatique ne prenne fin, ce qui leur permet d’empocher un gain substantiel. Le cours de l’action s’effondre alors, et les autres investisseurs subissent une perte.

L’AMF rappelle avec insistance qu’il n’existe pour l’instant aucun vaccin et encore moins de produit de santé naturel approuvé comme traitement de la COVID-19 ou pour s’en protéger. Les sites de l’Organisation mondiale de la Santé et du Gouvernement du Canada fournissent de l’information fiable à cet égard. Il est aussi toujours recommandé, en cas de doute, de communiquer avec l’AMF.

PLUSIEURS PIÈGES

Par ailleurs, d’autres fraudeurs se livrent à de l’hameçonnage en misant sur les craintes des investisseurs. L’AMF souligne que ces derniers ne doivent jamais donner de renseignements personnels en réponse à des messages de mises en garde au sujet de leurs placements ou de leurs finances. 

Conseiller recensait récemment quelques exemples du type de stratagèmes qui commencent à apparaître au pays. Des criminels contactent des gens pour leur dire qu’ils ont été contaminés par le coronavirus et réclament ensuite un numéro de carte de crédit pour envoyer une trousse de médicaments pour combattre la maladie. D’autres vendent de faux tests de dépistages, alors que ceux-ci ne sont disponibles que dans les hôpitaux du Canada. D’autres encore mettent en ligne de fausses campagnes de collecte de fonds pour de prétendues victimes de la COVID-19.

De son côté, l’Agence France-Presse rapportait que le grand nombre d’individus contraints de travailler de leur domicile faisait saliver les cybercriminels, qui les ciblent avec une énergie renouvelée. « On n’a jamais rien vu de tel », assurait même Sherrod DeGrippo, responsable des menaces au sein de la société de cybersécurité Proofpoint. Elle constate l’apparition de multiples campagnes d’attaque avec plusieurs centaines de messages qui utilisent la crise du coronavirus. 

Les travailleurs seraient beaucoup moins bien protégés à la maison. Mme DeGrippo compare cette situation à travailler dans un aéroport ou un café. Écœurée, elle qualifie de « pervers » le fait d’exploiter les vulnérabilités humaines et d’essayer d’en tirer des profits financiers. Difficile de lui donner tort.

Mieux vaut donc rester prudent. Les cybercriminels manquent clairement de solidarité, mais ils débordent d’imagination…