Photo : icoolphoto / 123RF

Si cela peut prendre une vingtaine d’années à se construire une bonne réputation, à l’heure des réseaux sociaux, il suffit souvent de cinq minutes pour la ruiner. Prenez garde!

Fini le temps où, pour se refaire une réputation, il suffisait de changer de village ou de région, bref, de s’installer là où personne ne vous connaît. Aujourd’hui, le monde est connecté, les gens sont interreliés, et en tant que professionnel, la moindre bourde peut coûter très cher.

« Si votre réputation est votre actif le plus précieux, c’est parce que c’est d’elle que dépend la longévité de votre carrière », affirmait devant 300 professionnels des différents réseaux de ventes La Capitale Me Pascale Apold, avocate spécialisée en assurance de personnes et en conformité, et fondatrice du cabinet de conseils juridiques Le droit chemin, lors des Rendez-vous La Capitale qui se tenaient cette semaine au Centre de congrès de Saint-Hyacinthe.

« Votre réputation vaut plus que la valeur de votre clientèle, ajoute Me Apold, puisque votre capacité de pratiquer en dépend. »

JUGEMENT SOCIAL

Or, la réputation est rarement basée sur des faits, mais plutôt sur l’opinion que les gens se font de vous. Une opinion qui peut être fondée sur des connaissances plus ou moins vérifiées, des impressions, des perceptions et des croyances.

« On est dans le ressenti, indique Pascale Apold. C’est le jugement social que portent les gens sur vous. Dans le cas d’un conseiller, ce jugement peut être porté par les assureurs ou les cabinets que vous représentez, un client actuel ou éventuel, un compétiteur, parfois un ex-conjoint, ou encore les médias. Si ces derniers en sont rarement les instigateurs, quand un dossier devient public, ils viennent souvent exacerber la crise. »

Or, une plainte qui a un écho dans les médias, voire sur les réseaux sociaux, peut être particulièrement dommageable pour une réputation. Et cela, même si le conseiller a finalement gain de cause.

« Il est donc très important d’être toujours complètement en règle vis-à-vis de la conformité et de la déontologie », insiste-t-elle.

ATTENTION AUX RÉSEAUX SOCIAUX

Important également de se questionner sur les dangers que posent sa pratique. Par exemple, un conseiller qui fait du télémarketing téléphonique, qui traite à distance avec ses clients par l’entremise d’applications telles que Facetime, Skype ou tout type de messagerie instantanée, qui dispose d’un site internet pour publiciser ses activités, ou qui utilise Facebook, LinkedIn ou tout autre réseau social pour présenter ses services professionnels et communiquer avec ses clients, est plus à risque que celui qui continue à travailler de manière traditionnelle, en se rendant à domicile ou en recevant à son bureau.

« Plus un conseiller est actif socialement, notamment sur les réseaux sociaux, plus il est exposé et plus son niveau de risque augmente, affirme Me Apold. Certains d’entre eux devraient consulter des professionnels afin de bien comprendre les enjeux. »

Elle précise que les réseaux sociaux sont des plateformes sur lesquelles les rumeurs et les mensonges font beaucoup de bruit, mais qu’il existe, heureusement, des mesures pour se rendre moins vulnérable.

« C’est comme un laveur de vitres, compare-t-elle. S’il nettoie au premier étage, il a moins besoin de se protéger. Mais s’il s’occupe d’un gratte-ciel, il s’attache pour réduire le risque de chute. »

La première des choses est de bien séparer ses profils personnels et professionnels sur les réseaux sociaux. Et de veiller à ce que le profil personnel reste complètement privé et sécurisé.

« Bien sûr, on évite également les blagues douteuses, les propos homophobes, sexistes ou racistes, les photos ou vidéos choquantes ou de nature sexuelle, les prises de position politiques et religieuses sans nuance, mais aussi de discréditer un collègue, un cabinet ou un assureur », complète-t-elle.

Mais au-delà même des médias sociaux, le conseiller doit faire en sorte que tous ses dossiers et pratiques soient conformes afin d’éviter de se faire taper sur les doigts par le régulateur, ce qui n’est jamais très bon pour l’image.

Me Apold termine enfin en conseillant à chacun d’entrer régulièrement son nom dans un moteur de recherche afin de savoir ce qui s’écrit sur lui. Puisque, affirme-t-elle, c’est la première chose qu’un client éventuel va faire avant de venir vous rencontrer.

Protéger sa réputation en 5 points

  • Contrôler ce qui est en son pouvoir;
  • Ne pas hésiter à consulter un spécialiste en conformité pour aider à mettre de l’ordre dans sa pratique;
  • Être attentif à tout élément qui soulève un drapeau rouge;
  • Réagir promptement à tout risque observé;
  • Se faire assister par des professionnels dès les premières manifestations de risque important.