Édifice de la Banque du Canada à Ottawa.
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La Banque du Canada a relevé mercredi son taux d’intérêt directeur de 75 points de base, tout en prévenant qu’elle devrait le hausser davantage dans les prochains mois pour ramener l’inflation à sa cible de 2,0 %.

Cette nouvelle hausse, qui était conforme aux attentes de plusieurs économistes, porte le taux de financement à un jour de la banque centrale à 3,25 %.

Dans le texte du communiqué annonçant sa décision, la Banque du Canada a souligné que l’inflation mondiale restait élevée en raison des perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale, des effets des éclosions de COVID-19 et de la guerre en Ukraine.

Sur le plan intérieur, la banque a noté que l’économie canadienne demeurait en situation de « demande excédentaire ».

La décision de mercredi était la cinquième augmentation consécutive des taux d’intérêt cette année, et elle pousse le taux directeur de la banque au-dessus de ce qu’elle appelle sa « fourchette neutre » entre 2,0 % et 3,0 %.

La Banque du Canada, tout comme les banques centrales du monde entier, a augmenté les taux d’intérêt dans le but de freiner l’inflation vertigineuse après avoir réduit son taux directeur à près de zéro au début de la pandémie.

L’augmentation se répercutera sur les taux d’autres prêts, ce qui rendra plus les emprunts plus coûteux pour les Canadiens et les entreprises.

L’inflation annuelle au Canada s’est établie à 7,6 % en juillet. Son ralentissement par rapport à celle de 8,1 % du mois de juin était attribuable à une baisse des prix de l’essence.

Cependant, la banque centrale a noté que ses mesures de l’inflation de base, qui suit l’évolution des prix des produits moins volatils, continuaient à grimper et que les attentes pour l’inflation à court terme restaient élevées.

« Les attentes d’inflation à court terme restent élevées. Et plus elles le resteront, plus la forte inflation risque de s’enraciner », a affirmé la Banque du Canada dans son communiqué.

Les banques centrales ont tendance à s’inquiéter lorsque les particuliers et les entreprises s’attendent à ce que l’inflation reste élevée, car cela peut conduire à une prophétie autoréalisatrice: les entreprises fixent les prix futurs à la hausse, tandis que les travailleurs négocient les augmentations de salaire futures pour qu’elles correspondent à leurs attentes d’inflation.

Alors que le débat se poursuit quant à savoir s’il s’agira de la dernière hausse des taux d’intérêt de l’année, la Banque du Canada a clairement indiqué que d’autres augmentations seraient nécessaires pour ramener l’inflation à sa cible.

« Compte tenu des perspectives d’inflation, le conseil de direction juge encore que le taux directeur va devoir augmenter davantage », a affirmé la banque centrale.

« À mesure que les effets du resserrement de la politique monétaire deviendront plus évidents dans l’économie, la banque évaluera jusqu’où il faudra encore relever les taux d’intérêt pour ramener l’inflation à la cible. »

La Banque du Canada s’attend à ce que l’économie ralentisse au second semestre de cette année, car la demande mondiale s’affaiblit et la hausse des taux d’intérêt freine l’activité économique au pays.

La banque a précisé qu’elle complétait les hausses de taux d’intérêt en poursuivant sa politique de resserrement quantitatif.