Une femme devant un bureau avec un stylo. Des papiers sont devant elles, certains sont froissés. Elle semble soucieuse.
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Un Canadien sur trois dépense la totalité de son salaire ou plus avant de recevoir sa prochaine paie. Ce sont les travailleurs qui ont des enfants qui sont les plus susceptibles de dépenser plus que leur salaire. Ils sont aussi nombreux (25 %) à ne pas pouvoir faire face à un imprévu financier, sans compter que 53 % des Canadiens n’ont pas de fonds d’urgence ou ont des économies limitées.

Ce sont là les principaux constats du plus récent Indice de mieux-être financier (IMF) de Solutions Mieux-être LifeWorks, un fournisseur de solutions numériques de mieux-être global.

À l’été, l’Indice s’établissait à – 1,6, un score négatif encore une fois. LifeWorks note toutefois une amélioration depuis le début de l’année puisque l’IMF était de – 2,2 au printemps et de – 2,8 à l’hiver.

Le score varie de façon importante en fonction de l’âge. Le score le moins favorable est observé chez les participants de 20 à 29 ans (- 11,6), alors que les participants de 70 à 79 ans obtiennent le score le plus favorable (+ 8,1).  Il varie également selon le genre, le score des femmes (- 3,5) étant toujours bien inférieur à celui des hommes (0,3).

Ceux qui ont une stabilité en emploi obtiennent un meilleur score que ceux qui ont connu le chômage ou ceux qui changent fréquemment d’employeurs.

« Le mieux-être financier est resté au cœur des préoccupations de nombreux Canadiens durant la pandémie, et même si beaucoup d’employés ont fait preuve de modération et ont épargné pour se constituer un fonds d’urgence, l’enquête nous révèle qu’une part importante d’entre eux a toujours de la difficulté à trouver un équilibre entre les dépenses et l’épargne », affirme Idan Shlesinger, président, Solutions retraite et financières, et vice-président exécutif chez LifeWorks.

« Le fait qu’un grand nombre de Canadiens n’ont pas de fonds d’urgence est une grande source de préoccupation et démontre clairement la nécessité de mieux informer les gens sur l’importance de la santé financière, ajoute-t-il. Les employeurs jouent un rôle majeur dans le mieux-être global de leurs employés et il est capital qu’ils prennent des mesures en vue de corriger cette situation. »

DES EMPLOYÉS MOINS LOYAUX

Améliorer sa situation financière devient une préoccupation pour de nombreux Canadiens. La loyauté envers leur employeur en prend alors un coup. Près des trois quarts des répondants (74 %) disent qu’ils quitteraient un emploi même s’ils y sont heureux pour obtenir une augmentation salariale. Ils sont 22 % à dire qu’ils quitteraient un emploi qu’ils aiment pour une augmentation de salaire de 20 %, et 17 % le feraient pour une augmentation de 50 % ou plus.

« L’incapacité à atteindre une certaine liberté en matière de finances personnelles est un facteur de stress important pouvant nuire au mieux-être global des Canadiens. Il s’agit d’une tendance dangereuse sur laquelle nous devons nous pencher maintenant, parce que, même si l’économie reprend de la vigueur actuellement, l’enquête montre que de nombreux employés sont dans une situation financière instable et recherchent de nouvelles possibilités d’emploi », souligne Yann Lussier, associé, Solutions retraite et financières.

« Alors que les employeurs essaient de faire évoluer le milieu de travail et placent le mieux-être des employés à l’avant-plan, il sera important pour eux d’avoir des conversations ouvertes à propos du mieux-être financier, précise-t-il. Informer les employés au sujet de la santé financière et les aider à améliorer leur situation financière est nécessaire afin de créer un environnement de confiance et, en retour, de fidéliser les meilleurs talents. »