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La meilleure façon de se prémunir des escroqueries est de se mettre à la place du fraudeur, pour comprendre son mode de pensée.

Les consommateurs et les gens d’affaires doivent cesser d’être crédules : ils doivent s’informer et changer leur comportement dans le monde numérique, explique l’ancien escroc Frank Abagnale, dans une entrevue accordée à ThinkAdvisor.

Frank Abagnale a inspiré le personnage de Leonardo DiCaprio dans le film Attrape-moi si tu peux. Après avoir été condamné à 12 ans de prison, il est devenu consultant pour le FBI en échange d’une réduction de peine lui permettant de purger seulement quatre années d’emprisonnement. Il a ensuite monté sa propre firme de conseil en sécurité contre la fraude.

Les nouvelles technologies ont rendu les fraudes très faciles à organiser. Nous en sommes arrivés au point où une cyberattaque pourrait mettre fin au système bancaire américain, illustre M.Abagnale.

Or, il ne faut pas compter pouvoir arrêter facilement les escrocs, qui savent se dissimuler dans les méandres d’Internet.

C’est donc aux citoyens et aux entreprises de se protéger. Pour cela, ils doivent adopter un état d’esprit défensif, recommande le consultant. Cela implique de cesser de croire que, sur Internet, tout le monde est aussi honnête que soi-même.

Il faut aussi savoir que toute escroquerie est basée sur deux signaux d’alarme, explique l’expert : le fraudeur a besoin d’argent rapidement, et il a besoin de vos renseignements personnels, comme un numéro d’assurance sociale (NAS) et une date de naissance.

Pour obtenir ces données, le fraudeur sait comment parler à sa victime : de nombreuses informations sont disponibles sur Internet. Grâce aux réseaux sociaux, y compris LinkedIn, un fraudeur parvient facilement à connaître l’entourage d’une personne. Il peut donc se faire passer pour un proche. Il peut aussi deviner un mot de passe, ou utiliser un logiciel spécialisé pour le trouver.

Frank Abagnale s’attend d’ailleurs à ce que les mots de passe finissent par disparaître. Cette technologie datant de 1964 ne devrait servir plus que pour ouvrir des cabanes, se moque l’ex-escroc.