Un escalier fait en blocs, sur lesquels est dessiné le signe de pourcentage. Une flèce en bois est posée dessus indiquant le haut.
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Les entreprises et les consommateurs du Canada s’attendent à voir l’inflation continuer sa progression, révèlent deux nouveaux rapports de la Banque du Canada.

L’enquête de la banque centrale sur les perspectives des entreprises a montré que les attentes des sociétés en matière d’inflation à court terme avaient augmenté et que les entreprises s’attendaient également à ce que l’inflation soit élevée plus longtemps que lors de l’enquête précédente.

« De nombreuses entreprises comptent encore relever leurs salaires pour attirer et retenir des travailleurs », a affirmé la banque centrale dans son rapport, suggérant que les entreprises s’attendent à ce que les salaires et les prix augmentent à une cadence plus rapide.

« En outre, un nombre croissant de répondants ont indiqué que l’augmentation du coût de la vie constitue une raison importante des hausses salariales. Près de la moitié des entreprises prévoient que leurs hausses salariales demeureront supérieures à leurs niveaux prépandémiques pendant plus d’un an. »

Le rapport indique également que les entreprises s’attendent à ce que la croissance des ventes commence à ralentir et à revenir à la normale après la reprise rapide de la pandémie.

Les pénuries de main-d’œuvre et les goulots d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement continuent d’être des problèmes clés, les problèmes de la chaîne d’approvisionnement prenant plus de temps à se résorber que prévu, selon le rapport.

En réponse à ce contexte, l’enquête sur les perspectives des entreprises indique que les entreprises reconfigurent leurs chaînes d’approvisionnement et conservent plus de stocks que d’habitude, et qu’une majorité d’entreprises prévoient d’investir et d’embaucher davantage.

Cependant, la Banque du Canada a souligné que les attentes à plus long terme en matière d’inflation par les entreprises restaient stables, entre 2 % et 3 %.

CERTAINS CONSOMMATEURS PLUS PRÉOCCUPÉS

Pendant ce temps, l’enquête canadienne de la banque sur les attentes des consommateurs suggère que ces derniers tablent également sur une plus forte inflation, et leurs inquiétudes tournent surtout autour des prix des aliments, de l’essence et des loyers.

Le rapport sur les consommateurs a également souligné que les attentes à la hausse pour l’inflation et les taux d’intérêt affectaient la confiance des consommateurs.

La banque a noté que les Canadiens à faible revenu et les personnes âgées étaient plus préoccupés par les prix de l’épicerie et les loyers que les répondants plus jeunes et les ménages à revenu plus élevé.

Les consommateurs, en particulier ceux à faible revenu, s’adaptent à une inflation élevée en réduisant leurs dépenses, en reportant les achats importants, en recherchant des rabais et des options pour des alternatives moins chères, a expliqué la banque.

« Certains ont mentionné qu’ils s’en tiennent à un budget strict pour l’épicerie et achètent plus de marques maison, ou qu’ils ont cessé d’acheter des choses jugées moins essentielles. D’autres s’en remettent davantage aux récoltes de leur potager ou à des modes de transport plus économiques, comme le vélo », a indiqué le rapport.

Le rapport a également révélé que la plupart des répondants estimaient que la Banque du Canada dispose de la crédibilité et des outils nécessaires pour maîtriser l’inflation, et que leur croyance en la capacité de la banque à atteindre son objectif d’inflation n’a pas beaucoup changé depuis avant la pandémie.

Statistique Canada a indiqué le mois dernier que l’inflation annuelle s’était établie à 7,7 % en mai, son plus haut niveau depuis 1983.

La Banque du Canada a relevé sa cible de taux d’intérêt directeur dans le but de ramener l’inflation à sa cible de 2,0 %.

La banque centrale a haussé ses taux à trois reprises depuis le début de l’année, pour porter son taux directeur à 1,5 %. Sa prochaine décision sur les taux d’intérêt est fixée au 13 juillet et de nombreux économistes du secteur privé s’attendent à ce qu’elle relève son taux directeur de trois quarts de point de pourcentage.