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La hausse des prix est loin d’être finie sur le marché immobilier au Canada selon Royal LePage qui vient de publier son étude annuelle.

En ce début de 2022, la forte demande continue de dépasser l’inventaire, ce qui annonce une poussée des prix sur le marché printanier.

« L’hiver a été très occupé jusqu’à maintenant sur le marché immobilier et un printemps très dynamique nous attend », soutient Phil Soper, président et chef de la direction de Royal LePage.

DES PRIX RECORDS

L’an dernier, le marché immobilier a été marqué par des records du prix des propriétés. À l’échelle du Canada, la hausse a été de 17,1 % d’une année sur l’autre au dernier trimestre de 2021. La majorité des régions (87 %) ont connu une croissance à deux chiffres, la plus forte étant dans la région de Kingston, en Ontario (38,1 %).

Si on regarde par type de propriété, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée a augmenté de 21,1 % d’une année sur l’autre pour grimper à 811 900 $, tandis que le prix médian d’une copropriété a connu une hausse de 15,8 % par rapport à la même période l’an dernier, pour se chiffrer à 553 800 $.

« La pénurie de propriétés sur le marché de la revente ou de la location constitue l’un des principaux défis socio-économiques de notre époque, fait remarquer M. Soper. Les décideurs politiques de tous les paliers de gouvernement se confortent possiblement en voyant les modestes améliorations d’inventaire de propriétés par rapport à la demande en 2022, mais nous prévoyons que la croissance des prix des maisons se situera une fois de plus cette année dans des taux à deux chiffres. »

Selon les prévisions de Royal LePage publiées en décembre, le prix des propriétés à l’échelle nationale devrait augmenter de 10,5 % d’une année sur l’autre. L’abordabilité risque donc de s’éroder de nouveau.

L’IMPACT DES TAUX D’INTÉRÊT

Un élément risque de changer la donne : la hausse des taux d’intérêt que la Banque du Canada devrait annoncer d’ici le printemps.

« De nombreux observateurs immobiliers s’attendent à ce que la hausse inévitable des coûts d’emprunt mette fin abruptement au marché de vendeurs actuel, lequel se caractérise par l’augmentation des valeurs des propriétés », affirme M. Soper.

« Depuis le deuxième trimestre de 2020, nous vivons le premier cycle immobilier expansionniste depuis l’introduction du test de résistance hypothécaire du gouvernement fédéral, ajoute-t-il. Les acheteurs ont dû se qualifier pour un prêt à un taux bien plus élevé que ce qu’ils paieront en réalité, créant une zone tampon suffisamment importante avant qu’ils n’atteignent leur capacité à gérer des paiements plus importants. »

L’immigration demeure l’un des principaux moteurs de la demande des acheteurs de propriétés. D’après l’Étude sur les nouveaux arrivants de Royal LePage, en moyenne, les nouveaux arrivants achètent une maison trois ans après leur arrivée. La majorité (64 %) d’entre eux louent leur première habitation, ce qui alimente une importante demande locative dans les grands centres urbains.

LE MARCHÉ MONTRÉALAIS

L’étude de Royal LePage fait un survol du marché dans les principales villes canadiennes. À Montréal, le prix d’une propriété a augmenté en moyenne de 19,7 % pour atteindre 532 600 $ au cours du quatrième trimestre de 2021.

Le prix médian d’une maison unifamiliale détachée a quant à lui grimpé de 20,0 % pour atteindre 595 500 $, tandis que celui d’un appartement en copropriété a affiché une hausse de 18,2 % pour atteindre 428 900 $ lors du quatrième trimestre de 2021.

La rareté de maisons unifamiliales a poussé de nombreux acheteurs à se tourner vers la copropriété d’où une croissance rapide des prix dans ce segment de marché.

« Le marché immobilier s’est comporté exactement comme nous l’avions envisagé, observant une forte hausse des prix en première moitié d’année, suivie d’un léger relâchement en fin d’année », affirme Dominic St-Pierre, vice-président et directeur général de Royal LePage au Québec.

« La cadence d’appréciation des prix des propriétés que nous connaissons depuis le début de la pandémie est intimement liée au fait que les besoins en matière de logement ont changé chez les consommateurs, ajoute-t-il. La maison est devenue le lieu de toutes les activités personnelles et professionnelles, et alors que nous pensions pouvoir retourner vaquer à nos activités habituelles aux vues de l’amélioration de la santé publique, voilà que le télétravail est redevenu obligatoire, et les options de divertissement, plus rares. Avec le resserrement des mesures sanitaires annoncées à la fin du mois de décembre, la demande immobilière n’est pas près de diminuer et nous nous attendons à un premier trimestre très dynamique dans la région », ajoute M. St-Pierre.

Royal LePage prévoit que le prix des propriétés dans la région du Grand Montréal devrait augmenter de 8,0 % d’ici la fin du quatrième trimestre de 2022 comparativement à la même période en 2021.

Dans la région du Grand Toronto, la hausse du prix a été de 17,3 % par rapport à l’année précédente pour s’établir à 1 119 800 $ au quatrième trimestre de 2021.

Le prix médian d’une maison unifamiliale détachée a augmenté de 22,4 % pour grimper à 1 421 200 $, tandis que le prix médian d’une copropriété a connu une hausse de 14,8 %, pour se chiffrer à 665 400 $.