Jeune couple triste, les mains posées sur la tête.
Photo : Antonio Guillem / 123RF

Avec la pandémie, les ménages canadiens ont eu de plus en plus de difficultés à rembourser leur prêt hypothécaire. C’est ce qui ressort du nouveau baromètre de l’endettement publié par Hellosafe.ca.

Selon les données de la Banque du Canada, les arriérés de paiement ont fait un bond en 2020, passant d’un taux de 0,89% à 1,59% en 2020, un niveau jamais atteint.

L’an dernier, les demandes de report de paiement se sont multipliées auprès des prêteurs, et la tendance se poursuit en 2021. Cela laisse présager de lourds lendemains pour certains particuliers quand les banques réclameront leurs dus.

ACCÈS FACILE AU CRÉDIT

La situation de l’endettement des ménages est d’autant plus préoccupante qu’ils ont accès à une vaste gamme de produits de crédit pour acheter des biens et des services. Plus de 27 millions de Canadiens ont eu recours à un crédit au cours de l’année 2019, soit 73 % de la population totale du pays. On peut facilement supposer qu’ils seront encore plus nombreux avec la crise de la COVID-19.

Près de 40 % des ménages contractent un prêt hypothécaire pour financer l’achat de leur propriété. Plus du quart (28 %) ont emprunté pour acheter un véhicule et 11 % pour les études. Ils sont 5 % à s’être endettés pour acheter des meubles et autres biens immobiliers.

DE LOURDES DETTES

En 2019, 30 % des Canadiens étaient submergés par leurs dettes. C’est le prêt hypothécaire qui pèse le plus lourd avec une valeur médiane de 262 000 $ suivi par le prêt personnel (40 000 $), la marge de crédit (38 000 $) et la location ou l’achat d’un véhicule (36 000 $). Le prêt étudiant et les soldes impayés de carte de crédit s’élèvent quant à eux à 28 000 $ chacun.

En matière d’endettement, il existe toutefois des disparités régionales. Ce sont les ménages québécois qui s’en tirent le mieux avec un taux d’endettement de 155 % en 2019, en légère baisse, comparativement à 175 % pour l’ensemble du Canada (il atteint même 188 % en Ontario).

Ce sont aussi les Québécois qui ont un meilleur taux d’épargne, soit autour de 8 % en 2019, ce qui représente 6 points de pourcentage de plus par rapport au reste du pays.

Cela fait en sorte qu’ils sont donc en meilleure position pour affronter les difficultés économiques liées à la pandémie, profitant en plus des prix de l’immobilier plus faibles qu’ailleurs, d’un faible taux de chômage et d’une économie somme toute forte.

Enfin, si plus de 60% des Canadiens arrivaient à gérer leurs finances sans aucune difficulté en 2019, un Canadien sur six dépensait tout de même plus qu’il ne gagnait.

DES SIGNES ENCOURAGEANTS

Même si les reports de paiement ont augmenté, « les chiffres officiels sur l’endettement au Canada révèlent une situation bien moins pire qu’on aurait pu s’y attendre », estime Antoine Fruchard, directeur en chef chez Hellosafe.ca, une plateforme de comparaison de soumissions pour le marché de l’assurance.

Les aides gouvernementales et autres mesures mises en place par les créanciers ont pu agir comme une bouée de secours dans certains cas. « Toutefois, le défi pour les années à venir sera de reconstruire petit à petit la capacité des Canadiens à épargner et à générer des revenus disponibles », ajoute-t-il.

Le baromètre d’Hellosafe est basé sur les données provenant de différentes sources, dont celles du gouvernement du Canada, de la Banque du Canada et de Desjardins (études économiques).