Un père en télétravail
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Si plus de trois personnes sur cinq s’accommodent plutôt bien du télétravail, d’autres se débattent avec le stress de jongler entre la vie professionnelle et la vie familiale. Les avantages du télétravail sont répartis de façon inégale au sein de la population active canadienne, révèle ainsi une nouvelle étude de l’Environics Institute.

L’expérience du travail à domicile est plus difficile pour certains travailleurs que pour d’autres, notamment pour ceux qui ont de jeunes enfants à la maison. Les jeunes travailleurs de 18 à 24 ans le vivent aussi moins bien que ceux qui sont déjà bien établis au niveau professionnel. Plus de la moitié d’entre eux (56 %) s’inquiètent notamment que le travail à domicile ait des répercussions négatives sur leur carrière.

Les immigrants (44 %), principalement les nouveaux arrivés, les travailleurs racialisés (46 %) et les autochtones (60 %) sont aussi plus susceptibles de trouver que la conciliation travail-famille se complexifie lorsqu’ils travaillent de la maison. Eux aussi craignent que le télétravail nuise à leur carrière.

Néanmoins, pour une majorité de travailleurs (plus de 60 %), le télétravail se révèle plus facile qu’ils ne le pensaient et sept personnes sur dix espèrent pouvoir continuer à travailler au moins quelques jours par semaine de la maison une fois la pandémie terminée.

VIVRE AU TRAVAIL

« Le rapport montre que pour de [nombreuses personnes], le « travail à domicile » s’est transformé en « vivre au travail ». La pandémie a accéléré la numérisation et les nouvelles modalités de travail, ce qui a provoqué à la fois plus de flexibilité et plus d’exigences. Le fardeau du travail non rémunéré – en particulier la garde des enfants et l’enseignement à domicile – sur les parents de jeunes enfants est mis en évidence et le stress fait des ravages », affirme Wendy Cukier, fondatrice et directrice académique, Diversity Institute, partenaire du sondage.

Selon elle, les employeurs devront en tenir compte dans le développement des compétences de leurs employés.

« Il existe un risque que les travailleurs qui étaient déjà confrontés à des obstacles en milieu de travail se sentent encore moins connectés en travaillant à domicile. Les employeurs devraient prendre des mesures dès maintenant pour faire en sorte que tout nouveau régime de travail ne fasse pas qu’exacerber les inégalités auxquelles beaucoup de gens étaient déjà confrontés », souligne pour sa part Andrew Parkin, directeur général d’Environics Institute.

La pandémie a aussi fait ressortir d’autres inégalités entre les employés de bureau et les professionnels qui peuvent travailler plus facilement à distance. Les employés économiquement plus vulnérables doivent souvent se présenter en personne au travail, ce qui les rend plus vulnérables au virus et au stress financier.

« Il est essentiel que la stratégie de relance prenne des mesures pour atténuer l’impact sur les employés ayant moins de sécurité afin d’éviter de nouveaux désavantages », souhaite Pedro Barata, directeur général du Centre des Compétences futures, qui était aussi partenaire du sondage.

L’enquête s’est déroulée du 24 novembre au 22 décembre 2020 auprès de 5 351 Canadiens âgés de 18 ans et plus.