Gestionnaires en direct – Deux points de vue, une entreprise : Enbridge

Par La rédaction | 21 june 2016 | Last updated on 15 august 2023
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L’analyse d’une entreprise est plus complète si on la mène à la fois du point de vue des actions et des obligations. C’est ce que démontrent Colum McKinley, vice-président, actions canadiennes et Jeffrey Waldman, vice-président, obligations mondiales à Gestion d’actifs CIBC.

Cliquer ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct.

QUI DIT LIQUIDITÉS, DIT DIVIDENDES

« Ce que nous observons le plus dans une entreprise de pipeline, ce sont ses revenus, et surtout ses liquidités disponibles, soit l’argent excédentaire qui lui reste après avoir réinvesti dans ses activités », dit Colum McKinley.

Plus les liquidités disponibles sont importantes, plus l’entreprise sera capable de payer des dividendes et de les faire croître au fil du temps, croit l’expert. Enbridge paie aujourd’hui 4%, ce qui est au-dessus de la moyenne, et le rendement devrait s’accroître encore.

« Leurs dividendes ont connu une croissance à deux chiffres dans les cinq dernières années. Cela va ralentir, mais demeurer au-dessus de la moyenne », ajoute-t-il.

SAVOIR BIEN S’ENDETTER

Le secteur de l’énergie requiert des capitaux importants et par conséquent, il fait beaucoup appel aux marchés du crédit. D’où l’importance d’analyser un titre comme Enbridge de ce point de vue, dit Jeffrey Waldman.

« Nous mesurons principalement la disponibilité du financement pour les projets de l’entreprise, et la génération de liquidités qui seront nécessaires à rembourser la dette », explique-t-il.

Dans le cas d’Enbridge, le portrait est positif, selon Jeffrey Waldman. « L’entreprise a plusieurs options de financement et les utilise judicieusement. Elle émet des titres d’emprunt au Canada et aux États-Unis, mais aussi des actions privilégiées. Dans les 12 derniers mois, elle a ainsi levé 4 milliards $ en emprunts et 2 milliards $ en actions », observe-t-il.

Depuis 2014, les revenus de l’entreprise sont en baisse en raison de la mise en service de nouveaux actifs. Dans la même période, son ratio de couverture des intérêts s’est amélioré, note M. Waldman.

Les pipelines sont exposés à des risques spécifiques, comme la chute des prix du pétrole ou des quantités expédiées. Mais Enbridge est bien protégé, croit-il.

« Ses liquidités sont stables car 95% sont soutenues par des contrats à long terme et seules 5% sont exposées à des variations de prix. »

REGARDS CROISÉS SUR L’AVENIR

La collaboration entre MM. Waldman et McKinley leur permet d’obtenir un portrait plus complet de la situation de la compagnie.

« Quand une entreprise verse près d’un milliard de dividendes par année, il est important de parler aux spécialistes des actions pour savoir quelle direction prendront les ratios de distribution », dit M. Waldman.

« De plus, cela aide à surveiller certaines activités favorables aux actionnaires, mais potentiellement néfastes aux créanciers. Par exemple, l’an dernier, l’équipe de Colum nous a aidés à évaluer l’impact des ventes d’actifs et des restructurations en cours dans les différentes entités d’Enbridge », conclut M. McKinley.

La rédaction