La Chine veut devenir la boutique du monde

Par Soumis par Investissements Renaissance | 29 september 2016 | Last updated on 15 august 2023
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Le sommet du G20 tenu à Hangzhou au début du mois a laissé l’impression d’une Chine résolue à grimper dans la chaîne de valeur mondiale, pense Kenrick Leung, directeur des placements à Amundi Hong Kong.

« Certaines questions abordées lors de cette édition du G20 ont permis de mieux comprendre la vision de la Chine pour l’avenir. Elle souhaite notamment se concentrer sur les dépenses transfrontalières en infrastructures, pour contribuer à la productivité de l’économie mondiale », dit Kenrick Leung.

Ces infrastructures ne sont pas seulement matérielles, elles sont aussi virtuelles, insiste l’expert.

« La Chine veut améliorer la productivité de l’économie et de la croissance en elle-même. Elle tente donc de mettre à niveau les infrastructures numériques et la réglementation du commerce électronique pour permettre une meilleure circulation des marchandises, des ressources humaines et des technologies par-delà les frontières. »

La Chine multiplie les efforts pour obtenir le plus possible de technologies qui lui permettront de passer du statut de manufacturier abordable à celui d’exportateur de biens et services à valeur ajoutée, note Kendrick Leung.

« Cet objectif me semble évident. Il est coordonné avec sa politique interne, comme on a pu le voir dernièrement lorsque le [Conseil des affaires de l’État de la République populaire de Chine] a donné des cibles précises de progrès scientifique et technologique. Le gouvernement souhaite que d’ici 2020, l’économie du savoir représente 20 % du PIB, contre 15 % aujourd’hui », poursuit-il.

Le sommet du G20 a eu lieu dans la ville du siège social d’Alibaba, fleuron du commerce électronique chinois. Coïncidence ? Peut-être, mais elle est révélatrice, pense Kendrick Leung.

« La Chine est devenue un innovateur majeur dans le domaine numérique. Cela est dû au fait qu’elle a longtemps souffert d’une lourde bureaucratie dans la chaîne de distribution. Ses entreprises de commerce électronique comme Alibaba, Baidu et Tencent éliminent les intermédiaires, simplifient la distribution, réduisent les stocks, et génèrent donc des gains de productivité importants, dont elles sont les premières à bénéficier », explique-t-il.

La valeur actuelle des titres du secteur ne reflètent pas les propos de M. Leung. Mais celui-ci préconise une vision à long terme.

« [Au niveau fondamental], ces entreprises connaissent une croissance énorme grâce à leur capacité à rejoindre directement un public de masse. Les initiatives transfrontalières de la Chine leur permettront d’accroître leur portée auprès des acheteurs et fournisseurs étrangers. Cela les met dans une position extrêmement intéressante. »

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