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Les émissions d’obligation à haut rendement battent des records cette année, et les investisseurs répondent à l’appel, observe Adam Ditkofsky, gestionnaire de portefeuille et vice-président à Gestion d’actifs CIBC.

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« Les obligations de sociétés ont surperformé par rapport au marché obligataire canadien dans son ensemble, car le secteur privé a bien profité de la croissance économique et a pu accroître sa profitabilité. Les écarts de rendement sont demeurés stables dans la catégorie investissement. Les titres notés BBB, soit le plus bas de la catégorie, ont particulièrement bien performé », rapporte Adam Ditkofsky.

Mais ce sont les obligations à haut rendement qui retiennent le plus son attention.

« Le haut rendement a réduit ses écarts de 380 à 315 points de base, et les nouvelles émissions ont été nombreuses : elles représentaient déjà plus de 100 milliards au 31 août, soit un surplus de 13 % par rapport à l’année d’avant à pareille date. Nous sommes donc bien au-dessus des niveaux de l’an dernier qui a établi un nouveau record avec 118,8 milliards d’émissions. Il est facile d’imaginer que 2021 battra ce record si les niveaux demeurent élevés », entrevoit Adam Ditkofsky.

Heureusement, la demande des investisseurs était au rendez-vous, et même en feu puisque de nombreuses émissions se sont retrouvées en sursouscription; un signe de très bonne santé du marché, selon l’expert.

Mais à quoi devons-nous nous attendre dans le futur?

« Il reste à voir l’impact de la COVID-19 sur le marché obligataire, surtout en ce qui concerne l’efficacité des vaccins contre le variant Delta et ceux qui vont lui succéder. Les chiffres clés à surveiller sont les hospitalisations et les capacités des soins intensifs, qui comme on l’a vu l’an dernier, peuvent pousser les gouvernements à imposer des confinements et des restrictions qui se traduisent par une réduction de la mobilité et des dommages à l’économie. On espère que cela ne se reproduira pas, avec la grande majorité des Canadiens désormais vaccinés, mais si les facteurs changent, les écarts de rendement risquent de s’élargir avec un impact particulièrement négatif sur le crédit de moindre qualité ou de nature plus volatile », analyse Adam Ditkofsky.

« Le haut rendement pourrait donc sous-performer dans ce scénario, surtout du côté des secteurs plus sensibles à la réouverture de l’économie, comme les voyages, les loisirs et les matières premières. Les titres hybrides, qui ont été émis par divers pipelines d’énergie et sociétés financières, et qui sont subordonnés aux obligations traditionnelles, ont à la fois les caractéristiques des actions et des obligations et sont plus volatiles que les obligations traditionnelles; ils devraient donc sous-performer également dans le scénario que j’ai évoqué », poursuit l’expert.

Mais il ne croit pas qu’on verra les écarts de rendement s’allonger comme lors du premier confinement, vers la fin mars 2020, quand les obligations de sociétés affichaient jusqu’à 256 points de base d’écart. Il présume que le gouvernement interviendrait en soutien au marché si un nouveau confinement devait être annoncé. Mais cela n’empêcherait pas les écarts de croître substantiellement.

Pour le moment, Adam Ditkofsky se montre optimiste.

« Nous continuons de crois que les obligations de sociétés vont surperformer dans les 12 prochains mois, mais je tiens à souligner que l’argent facile est derrière nous, puisque les écarts de crédit se sont resserrés par rapport au début de la pandémie. Une bonne partie de la reprise est déjà prise en compte dans le marché. Nous nous attendons à ce qu’avec le temps, la croissance du PIB revienne à un rythme normal. Le contexte fondamental reste intact, avec une profitabilité élevée pour les entreprises et des états financiers bien capitalisés. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.