Quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle du 8 novembre, les Américains devraient s’attendre à des pressions inflationnistes, prévient Ignacio Sosa, directeur des solutions produits pour DoubleLine, à Los Angeles.

Cliquez ici pour écouter l’entrevue en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct.

« La chute des prix du pétrole, qui a tiré l’indice des prix à la consommation (IPC) vers le bas ces dernières années, est maintenant terminée. Si l’IPC a peu varié ces derniers temps, il risque de remonter nettement au cours du prochain semestre », entrevoit Ignacio Sosa.

Dans ce contexte, et si on prend en compte la faiblesse de la croissance, l’élection américaine va certainement porter le déficit budgétaire à un niveau de « saturation » quel qu’en soit le vainqueur, prévient-il.

« En cas de victoire démocrate, les dépenses vont augmenter. Mme Clinton a annoncé des dépenses de 275 milliards pour les infrastructures, et l’université publique gratuite pour les foyers gagnant moins de 125 000 $, tout cela payé par des hausses d’impôt pour les contribuables les plus fortunés. Elle ne réussira pas à tout faire passer si les républicains contrôlent une partie du Congrès, mais on s’attend quand même à un soutien bipartite pour certaines infrastructures. Cela créera de la pression fiscale, et par conséquent de la pression inflationniste », expose M. Sosa.

En cas de victoire républicaine, contre toute attente, le déficit budgétaire serait encore plus important, croit-il.

« C’est plutôt ironique puisqu’ils sont supposés être le parti de l’austérité. Mais M. Trump a clairement annoncé son intention de dépenser plus que sa rivale dans les infrastructures, ainsi que dans la défense, tout en réduisant les impôts des individus et des sociétés. »

Résultat : le ratio dette/PIB pourrait atteindre de 5 à 7 % avec Mme Clinton, et dépasser les 10 % avec M. Trump, calcule M. Sosa.

Que faire pour se prémunir contre ces éventualités? Selon lui, il faut avant tout adopter une posture d’investisseur « tourné vers l’avenir, et non vers le passé ».

« Les taux sont bas depuis longtemps, l’inflation a été très sage, et les rendements des obligations de sociétés ont atteint des creux historiques. Cela a généré une certaine complaisance envers le risque et les taux d’intérêt. Nous avons donc bâti un portefeuille peu sensible aux taux d’intérêt, avec des échéances relativement courtes. Et nous pensons que les titres du Trésor protégés contre l’inflation (ou TIPS) sont les titres les plus attrayants en ce moment. »