Les analystes n’y croyaient plus, mais voici pourtant qu’une entente serait intervenue le 28 septembre dernier, à Alger, entre les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pour réduire leur production respective.

Sans faire exploser les cours de l’or noir sur les marchés, cela pourrait contribuer à les stabiliser, soutient Mathieu D’Anjou, économiste principal de Desjardins, dans une note d’analyse. L’accord, rappelons-le, vise à ramener la production actuelle d’environ 33,5 millions de barils par jour (mbj) à un seuil situé entre 32,5 et 33,0 mbj.

Selon l’analyste, une telle entente aura relativement peu d’impact sur l’évolution des prix du pétrole à moyen terme. Tout au plus pourrait-elle les soutenir à court terme et leur permettre d’évoluer plus près des 50 $US (65,5 $CAN) le baril que des 40 $US (52,5 $CAN). La vitesse à laquelle la production américaine de brut recommencera à augmenter sera beaucoup plus déterminante, croit-il.

RENDEZ-VOUS EN NOVEMBRE

D’autant plus que l’accord ne sera signé qu’en novembre 2016, lors de la rencontre prévue à Vienne, et qu’il n’est pas dit que l’un des pays de ce tumultueux groupe ne changera pas d’idée d’ici là. Même une fois un accord signé, par le passé, il est arrivé que des pays ne respectent pas leurs engagements.

Toutefois, Mathieu D’Anjou est optimiste en raison des objectifs assez peu contraignants de l’entente. Il rappelle que l’Arabie saoudite et l’Iran ont déjà fortement augmenté leur production au cours des derniers mois, ce qui rend moins dramatique pour eux la perspective d’un gel ou d’une légère réduction. Idem pour la Russie, que l’OPEP tente de convaincre de se joindre à l’entente.

Selon l’analyste de Desjardins, il n’est pas évident que l’Iran et la Russie pourraient de toute manière augmenter leur production rapidement au-delà du niveau actuel. Il n’en va pas de même pour l’Arabie saoudite, qui elle pourrait forcer la note encore, ce qu’une entente sur la production viendrait empêcher.

DES COURS EN HAUSSE

Chose certaine, les marchés se sont réjouis de cet accord-surprise. À New York, le prix du baril de référence (WTI) pour livraison en novembre a grimpé de 2,38 $US (3,12 $CAN) et celui du Brent à Londres de 2,72 $US (3,57 $CAN) pour la même échéance.

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