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La volatilité du marché et la hausse des taux d’intérêt inquiètent les conseillers, mais ils se disent aussi très préoccupés par la gestion des émotions de leurs clients, conclut une enquête de Natixis Investment Managers.

S’appuyant sur les rendements médiocres sur le marché boursier canadien en 2017, les conseillers s’inquiètent de la volatilité accrue des marchés, de la hausse des taux d’intérêt et des éventuelles bulles d’actifs qui menacent le rendement des placements en 2018.

Cet environnement peut également conduire à des erreurs coûteuses. Les réactions émotionnelles des clients pourraient en effet constituer le plus grand défi des conseillers en 2018.

Voilà quelques-unes des conclusions les plus importantes d’une enquête menée par Natixis Investment Managers et rapportée par BusinessWire. Natixis a interrogé 150 conseillers et investisseurs canadiens au sujet de leurs difficultés sur le marché et de la façon dont ils positionnent les portefeuilles de leurs clients.

La majorité (94 %) des répondants déclarent qu’empêcher les clients de prendre leurs décisions d’investissement sous le coup de l’émotion est un de leur plus grand défi. Par ailleurs, 34 % indiquent que leurs clients ont réagi avec émotion aux récents mouvements du marché, et seulement 43 % croient que les investisseurs sont prêts à affronter un repli du marché.

DE NOMBREUX OBSTACLES

Les conseillers déclarent également qu’ils souhaiteraient en moyenne voir leur actif sous gestion augmenter de 14 % au cours des douze prochains mois, mais beaucoup estiment que de nombreux obstacles leur barrent le chemin. Parmi eux, les menaces pesant sur la performance des placements, l’impact de la hausse des taux à court terme, les risques liés au portefeuille en raison de la volatilité des marchés ou encore l’existence de bulles d’actifs sur le marché de l’immobilier, le secteur des technologies, le marché boursier et le marché obligataire. Ils se disent également préoccupés par les cryptomonnaies. Après l’accélération considérable de ces devises en 2017, 69 % des répondants les considèrent comme une bulle potentielle qui pourrait éclater en 2018.

« Qu’ils achètent sans discernement lorsque les marchés montent ou qu’ils paniquent lorsqu’ils sont en déclin, les investisseurs prennent souvent leurs pires décisions lorsqu’ils sont animés par leurs émotions », analyse Abe Goenka, chef de la direction de Natixis Investment Managers Canada.

Il ajoute que les conseillers ont un rôle important à jouer dans tous les marchés, en aidant les investisseurs à être conscients des dommages que les placements motivés par des facteurs émotionnels peuvent causer et en les aidant à examiner objectivement leurs objectifs, leur tolérance au risque et leur calendrier.

« Notre étude démontre d’ailleurs que ces derniers se tournent de plus en plus vers une gestion active afin de sélectionner de manière discrétionnaire les produits, titres ou secteurs les plus susceptibles de croître plus vite que le marché et ainsi, diversifier les portefeuilles de leurs clients et réduire les risques », commente M. Goenka.