Une nouvelle banque dans le paysage financier canadien? À l’heure des fusions, cette nouvelle semble relever de la science-fiction et pourtant, un groupe d’entrepreneurs a décidé de se lancer dans l’aventure.

« Certains l’ont rêvé, nous on le fait! », disent ces futurs banquiers dans le descriptif de lancement de leur campagne de sociofinancement, qui débutera mercredi prochain à midi.

Rêvé à quoi? Au lancement de la première banque canadienne en ligne qui investira 100 % de ses actifs dans une économie à impact social et environnemental positif. Une banque qui invite également tous les Canadiens à en devenir actionnaires. Apport minimal : 100 dollars pour 100 actions. Et l’institution devrait accepter ses premiers dépôts via ses applications mobiles et son site web à la fin 2018.

En attendant, les investisseurs se donnent rendez-vous tous les mardis soir pour rencontrer leurs futurs coactionnaires et discuter du projet autour d’un verre.

« Un jour, vous pourrez dire que vous étiez aux premières loges du nouvel ordre bancaire », lancent-ils.

La nouveauté, c’est donc qu’il s’agira d’une banque d’impact. En d’autres termes, 100 % de ses investissements se feront dans l’économie réelle et dans des secteurs utiles et positifs pour la société, comme la santé, l’immobilier, les énergies vertes, l’innovation technologique, l’agriculture, etc. Elle ne touchera pas à la spéculation et aux montages financiers complexes.

CAPITALISME ET RESPONSABILITÉ SOCIALE

Mais cette banque aura pourtant bel et bien un but lucratif.

« Impak vise un [rendement] à l’actionnaire de 8 % plutôt que les 15 à 20 % de nos six grandes banques traditionnelles, peut-on lire dans le Journal de Montréal. Elle est la première société canadienne à recevoir l’autorisation de réunir des capitaux massivement par l’entremise du grand public. »

C’est lors d’un voyage en Europe que Paul Allard, l’un des fondateurs, s’est familiarisé avec le concept d’économie d’impact, apprend-on. Trois Français, cinq Québécois et quatre Torontois travaillent maintenant à bâtir leur « banque idéale ». Des fondateurs qui se disent tous capitalistes, mais qui ont des préoccupations de responsabilité sociale.

La finance d’impact prend sa source dans le système bancaire traditionnel, en ce sens que lorsqu’un client verse 1 $ en dépôt, la banque a le pouvoir d’en prêter 10 $ et qu’elle crée donc de l’argent frais sous forme de dette. Elle a également l’obligation d’engendrer un profit pour ses actionnaires. Mais elle ne prélève cependant pas de frais courants sur les dépôts que font ses clients, et ne peut soutenir que des projets à haute valeur ajoutée sur le plan social ou environnemental.

Intéressés? Rendez-vous le mardi 11 octobre à partir de 19 h à la galerie Artgang (6524, rue Saint-Hubert, Montréal).

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