Près de sept habitants sur 10 du pays le plus riche de la planète possèdent aujourd’hui moins de 1 000 dollars d’économies, rapporte USA Today.

Citant une enquête menée par la firme GoBankingRates auprès de quelque 7 000 Américains et publiée en septembre, le quotidien relève qu’en 2015, ils n’étaient « que » 62 % à se trouver dans cette situation.

Plus précisément, un tiers (34 %) des personnes interrogées affirment n’avoir absolument aucune épargne (contre 28 % l’an dernier), tandis que 35 % ont moins de 1 000 dollars, soit un total de 69 % d’Américains qui vivent dans la précarité. Pour le reste, 11 % des sondés possèdent entre 1 000 $ et 4 999 $, 4 % ont entre 5 000 $ et 9 999 $ et 15 % ont plus de 10 000 $ (soit 1 % de plus qu’en 2015).

LES AÎNÉS S’EN SORTENT UN PEU MIEUX

La Réserve fédérale de St. Louis publie chaque mois des données sur le taux d’épargne personnel des ménages aux États-Unis. En juillet, celui-ci était de 5,7 %, un niveau deux fois moins élevé qu’il y a 50 ans, et l’un des plus bas de tous les pays développés, poursuit USA Today.

Autrement dit, les Américains économisent (beaucoup) moins qu’ils devraient raisonnablement le faire, les professionnels en finances personnelles recommandant généralement de mettre de côté entre 10 % et 15 % de ses revenus pour se créer un coussin de sécurité.

Si l’on en croit le sondage de GoBankingRates, les générations plus âgées s’en sortent mieux que leurs enfants et petits-enfants. Les 65 ans et plus sont plus susceptibles d’avoir accumulé davantage d’argent dans ses comptes d’épargne : 37 % d’entre eux y ont ainsi mis au moins 1 000 $. En revanche, seuls 27 % des représentants de la génération Y (les 18-24 ans) peuvent se targuer d’en avoir fait autant.

LE RÔLE NÉFASTE DES CARTES DE CRÉDIT

« Je ne suis pas du tout surpris qu’un tiers des Américains n’aient rien du tout dans leur compte d’épargne. La plupart des gens n’économisent pas assez pour faire face à une éventuelle urgence, comme une perte d’emploi ou un problème de santé », commente Michael Hardy, conseiller en services financiers employé par le cabinet Mollot & Hardy, à Amherst, dans l’État de New York.

Selon lui, une grande partie de la population vit au-dessus de ses moyens. « Beaucoup de consommateurs ne semblent pas vraiment se soucier de savoir s’ils gagnent 30 000 ou 300 000 dollars », explique-t-il. D’autres observateurs pointent aussi le rôle néfaste des cartes de crédit et autres options de paiement mobile, comme Apple Pay, dans le surendettement d’un nombre croissant d’Américains.

« Le problème, c’est que nous dépensons avant même d’avoir mis de l’argent de côté, et sans jamais regarder en arrière. Dans une société où il n’y a pas d’argent liquide, il est difficile d’apprécier ce qu’est un dollar si on n’en voit jamais la couleur », ajoute Brandon Hayes, également conseiller et vice-président de la firme oXYGen Financial, basée en Géorgie.

UN DÉFI PARTICULIER POUR LES FEMMES

Enfin, l’enquête d’opinion de GoBankingRates montre que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à ne disposer d’aucune épargne. Alors que 42 % des premières affirment ne rien posséder, seuls 28 % des seconds admettent être dans ce cas. Toutefois, une proportion presque égale de femmes et d’hommes, soit 35 % et 36 %, respectivement, indiquent avoir moins de 1 000 dollars de côté. En revanche, ce sont les hommes qui sont les plus nombreux à disposer de plus de 10 000 dollars sur leur compte.

Un autre sondage récent de la firme montrait également que les femmes étaient globalement moins prêtes à subvenir à leurs vieux jours que les hommes, puisque 38 % d’entre elles affirmaient ne pas avoir économisé d’argent dans ce but, comparativement à 30 % des hommes.

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