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Selon un sondage du Groupe Banque TD, un Canadien sur deux ne parle pas des risques de fraude auxquels ils ont été exposés avec leur entourage. C’est pourtant le meilleur moyen d’alerter ses proches face au danger que représentent les arnaques liées au placement.

« Ils seront ainsi plus vigilants à ne pas tomber dans le piège des fraudeurs en sachant mieux les tactiques qu’ils peuvent utiliser », explique Francine Laurin, vice-présidente de district, région du Québec chez TD Canada Trust.

La sensibilisation représente une excellente ligne de défense envers la fraude. Malheureusement, on ne parle pas encore assez de prévention ni de protection en la matière alors que les fraudeurs sont très actifs, particulièrement depuis le début de la pandémie, déplore Mme Laurin.

« Les gens se taisent parce qu’ils peuvent éprouver de la honte à s’être fait arnaquer ou sont gênés de dire qu’ils ont failli tomber dans le panneau, dit-elle. Il faut au contraire en parler. La fraude en ligne, c’est un phénomène bien réel, et personne n’est à l’abri. »

DES TACTIQUES DE PLUS EN PLUS SOPHISTIQUÉES

Dans le cadre du Mois de la prévention de la fraude qui se déroule jusqu’à la fin mars, la Banque TD a sondé les Canadiens sur le sujet. Il en ressort que 37 % des répondants ont été la cible de tentatives de fraude dans la dernière année, dont 64 % ont eu lieu par téléphone et 58 % par courriel ou message texte.

Des chiffres qui pourraient être sous-estimés, selon Francine Laurin. « Des gens ne réalisent pas toujours qu’ils ont été la cible des fraudeurs. »

Parce que les arnaqueurs raffinent constamment leurs sombres tactiques, la vigilance est de mise.

Le sondage révèle qu’un Canadien sur quatre (26 %) a reçu des conseils de placement en ligne d’une personne qu’il ne connaît pas. Les médias sociaux et les plateformes de messagerie directe sont les canaux privilégiés des fraudeurs. Les victimes peuvent perdre gros si elles décident de suivre ces recommandations non sollicitées même si elles semblent fort attrayantes.

En 2021, les Canadiens ont perdu près de 164 millions de dollars à cause d’arnaques liées aux placements, selon le Centre antifraude du Canada. Ce serait la fraude déclarée la plus coûteuse au pays.

CONSEILS DE PRÉVENTION

La plus grande prudence s’impose quand on reçoit un appel d’une personne prétendant travailler pour un organisme gouvernemental ou une institution financière pour demander des renseignements personnels.

« On ne le répètera jamais assez, un employé de la banque ne demandera jamais à un client de révéler des informations sensibles comme son mot de passe, par exemple. Il vaut mieux alors raccrocher en disant qu’on va appeler son institution pour vérifier ce qui en est », conseille Mme Laurin.

Attention si la personne au bout du fil suggère de vous donner le numéro où appeler. « Ce n’est pas une garantie de légitimité, précise-t-elle. Il peut vous mener jusqu’à un centre d’appels gérés par les fraudeurs. » Il est toujours préférable de trouver par soi-même les coordonnées de sa banque.

Il faut aussi se méfier d’une personne qui vous donne des conseils de placement sans que vous les ayez demandés. « On ne doit jamais se laisser tenter par une offre qui est trop belle pour être vraie, surtout si on nous incite à agir rapidement, souligne Mme Laurin. Avant de prendre une décision financière, il vaut mieux vérifier si la personne détient une licence professionnelle. »

Consulter quotidiennement ses comptes bancaires en ligne de même que ceux de ses cartes de crédit est une bonne habitude à prendre. « Si on se rend compte qu’il y a des transactions douteuses, même si le montant n’est pas élevé, il faut communiquer avec son institution financière ou l’émetteur de carte de crédit pour les signaler, recommande Francine Laurin. Il arrive que les fraudeurs s’essaient d’abord avec des petits montants avant de vider les comptes. »

Au besoin, il est possible de verrouiller temporairement sa carte de crédit si on ne sait plus où on l’a rangée. On peut aussi bloquer les achats internationaux quand on ne voyage pas à l’étranger.

« Le mot d’ordre, c’est prudence, rappelle Mme Laurin. Quand on ne connaît pas la personne, on ne partage aucune information. »