Taux à 5 % : un nouvel arbitre entre actions et obligations

Par La rédaction | 11 may 2026 | Last updated on 11 may 2026
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Blocage de la main de la paume et division entre l’homme et la femme figure en bois pour résoudre les conflits et servir de médiateur au concept de gestion.
Dilok Klaisataporn / iStock

Un repli des marchés boursiers assombrit l’horizon, tandis que les taux d’intérêt des bons du Trésor américains à échéance de 30 ans approchent les 5 %, une situation que Julie Hurtubise, conseillère en placements à Gestion de patrimoine TD met en lumière dans une entrevue avec Les Affaires.

Avec un rendement de 5 %, les obligations compétitionnent les actions, gagnant ainsi la faveur des investisseurs désirant réduire leur risque, explique-t-elle. Un tel phénomène entraîne ainsi souvent un déplacement des capitaux, puisque les investisseurs vendent leurs actions pour aller vers les obligations.

Par ailleurs, lorsque ce seuil est franchi, des rééquilibrages automatiques peuvent survenir provoquant une certaine volatilité à court terme.

À cela s’ajoute un effet défavorable sur les valorisations des entreprises. Une action représentant la valeur actuelle des profits futurs, une hausse des taux d’intérêt entraîne une actualisation à un taux plus élevé, ce qui réduit leur valeur en dollars d’aujourd’hui. Dans ce contexte, les investisseurs sont naturellement moins enclins à payer des multiples élevés pour acquérir des actions.

Sans compter qu’une hausse des taux d’intérêt augmente le coût des emprunts, limitant de ce fait les investissements et la croissance des bénéfices.

PAS UN SIGNAL DE CRISE

Selon Julie Hurtubise, les craintes des marchés financiers traduisent un contexte où l’inflation demeure plus persistante. Cependant, elle ne juge pas que la situation actuelle soit synonyme d’une crise à venir. Elle souligne, en effet, que les entreprises continuent de générer des profits et peuvent donc absorber des taux plus élevés.

De plus, les investisseurs peuvent protéger leur portefeuille lorsque les taux des obligations à long terme sont élevés, notamment :

  • en augmentant leur exposition aux obligations
  • en misant sur des entreprises plus stables avec des flux de trésorerie solides 
  • ou en optant pour des entreprises qui versent des dividendes.

La Banque du Canada ne semble pas non plus inquiète quant à la possibilité d’une crise imminente. Elle a d’ailleurs laissé son taux directeur à 2,25 %. Si l’inflation globale a remonté, l’inflation fondamentale s’est stabilisée légèrement au-dessus de la cible de 2 %, ce qui est un bon signe.

Du côté américain, la situation apparaît plus incertaine. Julie Hurtubise souligne ainsi la présence de quatre dissensions à la suite de la publication de la décision — une première en plus de 30 ans. Cela témoigne d’une incertitude accrue quant à l’orientation future des taux et d’un consensus plus fragile au sein de la Réserve fédérale.

Dans ce contexte de taux élevés, le rôle du conseiller prend toute son importance. Au-delà de la volatilité à court terme, l’environnement actuel impose une réévaluation disciplinée des allocations et des attentes de rendement.

Si les obligations retrouvent un attrait concurrentiel face aux actions, cela appelle à un ajustement des portefeuilles plutôt qu’à un repositionnement radical. L’enjeu consiste donc à accompagner les clients dans cette transition en gardant bien en tête : la gestion du risque, la diversification et le maintien des objectifs à long terme.

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La rédaction