Soutenus par les prix du pétrole et le fait qu’une hausse des taux directeurs semble toujours envisagée ce mois-ci par la Banque du Canada, les taux obligataires canadiens font bonne figure, selon Desjardins.

Dans leur note hebdomadaire, les économistes du Mouvement relèvent que les grandes tendances des marchés financiers durant la semaine écoulée ont été caractérisées par une reprise de la hausse des tarifs de l’or noir, sur fond de « craintes commerciales [qui] demeurent vives », particulièrement entre les États-Unis et la Chine.

Dans ce contexte, ajoutent-ils, les taux obligataires canadiens ont repris leur tendance haussière, tandis que « les propos rassurants » récemment tenus par le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, ont permis au dollar canadien de regagner un peu du terrain perdu.

TENSIONS COMMERCIALES SINO-AMÉRICAINES

Dans l’ensemble, soulignent Hendrix Vachon et Carine Bergevin-Chammah, l’incertitude entourant les relations commerciales sino-américaines a cependant continué à pénaliser les marchés boursiers, et ce, alors que « des messages contradictoires circulaient concernant l’ajout de restrictions sur les investissements technologiques chinois aux États-Unis ».

Malgré le flou entretenu par l’administration Trump concernant ses intentions dans ce dossier, « un certain optimisme semblait toutefois être de retour sur les marchés vendredi matin », notent les deux économistes.

Alors que l’indice S&P 500 s’est tout de même contracté d’environ 0,6 % sur l’ensemble de la semaine, ce sont les secteurs technologiques et financiers américains qui ont globalement été les plus grands perdants. De son côté, si la Bourse canadienne a chuté lundi dernier, elle a été temporairement aidée au milieu de la semaine par les craintes de restriction d’offre de pétrole, qui ont fait monter le prix du baril de pétrole WTI (West Texas Intermediate) à plus de 74 $ US. Toutefois, les gains qu’elle avait enregistrés se sont ensuite rapidement effrités en raisons des tensions commerciales mondiales.

« RETOUR DE L’APPÉTIT POUR LE RISQUE »

Pour leur part, les taux obligataires américains ont perdu du terrain, notamment parce que « les investisseurs percevaient un plus grand risque de ralentissement économique dû aux conflits avec la Chine », expliquent Hendrix Vachon et Carine Bergevin-Chammah.

Un « léger rebond » a en revanche été observé vendredi, « soutenu par un retour de l’appétit pour le risque », notent-ils. Les taux de deux et 10 ans se sont alors retrouvés autour de 2,5 % et de 2,85 % respectivement. Et les taux obligataires canadiens ont encore mieux fait, notamment grâce à l’augmentation du prix du pétrole et au discours de Stephen Poloz. En effet, ce dernier « s’est montré plutôt rassurant » et « a laissé entendre qu’une hausse des taux directeurs faisait encore partie des plans [de la Banque du Canada] pour juillet », écrivent les économistes.

Au moment où ils ont rédigé leur note hebdomadaire, le taux de deux ans se plaçait ainsi au-dessus de 1,9 %, et celui de 10 ans, au-dessus de 2,15 %. Enfin, le dollar américain s’est apprécié contre la plupart des devises en première moitié de semaine, tandis que dans le même temps l’augmentation du prix de l’or noir a limité la dépréciation du huard. Toutefois, celui-ci s’est ensuite apprécié dès jeudi, profitant du discours tenu par Stephen Poloz.