Pas évident d’aborder les questions financières autour de la table… Voici quelques conseils.

Il est toujours difficile de parler argent avec les gens qu’on aime, car il s’agit d’un sujet éminemment émotionnel, croit Consumer Reports, une organisation américaine de défense des consommateurs. Pour mener son plus récent sondage sur la question, 2 800 baby-boomers et membres de la génération X ont été amenés à avoir des discussions à ce sujet au sein de leur famille. Il s’agissait par exemple de dire à son conjoint qu’il ne gagnait pas assez d’argent, de demander un prêt à sa fratrie ou encore de faire comprendre à ses parents qu’il serait temps que quelqu’un s’occupe de leur budget.

Tous n’ont pas réussi à aborder l’ensemble des conversations. Ceux qui sont parvenus à avoir au moins une discussion familiale au sujet de l’argent ont ensuite signalé combien cela les avait mis mal à l’aise. Plus qu’ils ne l’auraient cru, même.

« Dans finances personnelles, il y a finance et personnel, et les deux termes sont importants, analyse Tobie Stange, rédacteur en chef de Consumer Reports. Vous pouvez très bien maîtriser les mécanismes monétaires, ça ne signifie pas que vos émotions ne vont pas affecter vos décisions. Lors des négociations concernant l’argent de la famille, il ne faut pas que considérer l’objectif final, mais bien tout le processus émotionnel qui va y mener. »

La question semble-t-il la plus facile à aborder en couple? Celle de savoir s’il faut ou non aider financièrement un parent. En revanche, il est très difficile de discuter argent lorsque l’un des conjoints fait supposément partie du problème. En d’autres termes, lorsque l’un d’eux reproche à l’autre de dépenser trop d’argent.

Limiter l’argent versé à ses adolescents, annoncer à ses jeunes adultes qu’il serait temps pour eux de quitter le nid familial, demander de l’aide financière à ses frères et sœurs : autant d’autres sujets difficiles à aborder selon les répondants.

CONSEILS

Consumer Reports ne se limite pas à lister les sujets tabous, l’organisme est allé demander à quelques experts les meilleurs moyens de gérer ce type de situations que tout la monde aura à aborder à un moment ou un autre de sa vie. Voici quelques-uns de leurs trucs :

  • La rencontre doit avoir lieu dans un endroit neutre car les gens ont tendance à mieux contrôler leur colère lorsqu’ils ne sont pas à la maison. Le restaurant peut être une solution, mais pourquoi pas non plus lors d’une marche en pleine nature ou à l’occasion d’une course à pied? L’activité physique permet d’être plus créatif et de mieux gérer ses émotions.
  • Une rencontre, un sujet. Les gens attaquent souvent plusieurs sujets de front, ce qui donne l’impression que le problème est inextricable. Il vaut mieux régler les points de discorde un à un.
  • L’aide d’une tierce personne ou d’un professionnel peut être adéquate en cas de problème particulièrement litigieux. Un planificateur financier peut par exemple faire en sorte que la conversation demeure sur la bonne voie. Le facilitateur peut également prendre en charge l’attribution de tâches ou obliger les parties à partager des documents.
  • Quoi qu’il en soit, il faut toujours rester respectueux et surtout ne jamais couper la parole. C’est généralement à ce moment-là que les discussions se brouillent. Il faut absolument combattre cette tentation et attendre son tour.
  • Il faut enfin accepter de rester en désaccord. Aucune discussion ne garantit le fait de parvenir à trouver un terrain d’entente. Il vaut mieux parfois laisser aller, quitte à y revenir un peu plus tard, avec de nouveaux arguments. Chacun aura alors fait son chemin.